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Nacera Belaza dans "Le Cri", répétition à Avignon en juillet 2009

Nacera Belaza : "Tout le processus de création sert à enlever ce qu'il y a en trop"

1h
À retrouver dans l'émission

La danseuse et chorégraphe fait l’objet d’un texte de l’historienne de l’art, Frédérique Villemur qui analyse ses pièces, en même temps que sa réflexion sur un geste dansé pris entre deux rives, entre l’Algérie et la France : "Nacera Belaza, entre deux rives" (Actes Sud).

Nacera Belaza dans "Le Cri", répétition à Avignon en juillet 2009
Nacera Belaza dans "Le Cri", répétition à Avignon en juillet 2009 Crédits : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

"Lorsque j’observe l’ensemble de mon parcours, j’ai le sentiment d’avoir tracé une ligne droite, d’avoir par chacune de mes pièces jalonné un chemin que je devais accomplir, comme s’il n’y avait pas eu de déviation. Quand on dévie, on le sait, on le sent, c’est à cela que l’artiste doit s’opposer de toutes ses forces. La ligne entre deux points est nécessairement tendue, sans répit. Chaque pièce a donc été une exhortation à plus de liberté. C’est comme si j’avais cherché, tout au long de ces années, à accomplir une seule chose, un seul geste qui recouvrait à lui seul le questionnement d’une vie entière. En répétant le même geste, c’est sur soi que l’on œuvre. Ce qui finit par définir une œuvre, il me semble, c’est la tension par laquelle elle est traversée, ce que j’ai fait jusqu’ici s’apparente donc, peut-être, à cette image du trait, de la ligne droite sans creux ni déviation" ce sont les mots de la chorégraphe Nacera Belaza, cité dans le livre que Frédérique Villemur consacre à son travail, son écriture de danse et son parcours. Il s’appelle Entre deux rives et il est paru chez Actes Sud. 

Sa prochaine création, Le Cercle sera présentée au Manège, scène nationale de Reims les 25 et 26 mai 2018, puis à Marseille au théâtre Joliette les 4 et 5 juillet 2018.

Le regard du spectateur est censé traverser le corps et non se reposer sur le corps.

Je prends le risque, dans l'acte de création, qu'il ne se passe rien, mais j'assiste à ce miracle depuis plus de vingt ans où il se passe quelque chose à chaque fois.

J'ai renoncé au corps sur le plan chorégraphique, il m'encombrait. J'ai fabriqué une façon d’écrire ce qu'il se passait au dedans, et si l'on tient cette partition, cette structure, en lâchant le fonctionnement, les résistances du corps, en faisant ça, j'ai trouvé ma propre dynamique.

Programmation musicale :

  • Max Richter, The Departure
  • Nina Simone, Here come the sun

(1ère diffusion le 20/04/2018)

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