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"le fils"  de Alexander Abaturov

Alexander Abaturov : "Le silence et les émotions retenues, c’est le cœur du film"

56 min
À retrouver dans l'émission

En filmant la vie quotidienne des futurs membres des unités d'élites de l'armée russe, le réalisateur a voulu montrer en quoi ils sont les victimes d’un système qui cherche à broyer les individualités et d’une société qui ne leur donne pas d’autre choix que de s’engager pour s’en sortir.

"le fils"  de Alexander Abaturov
"le fils" de Alexander Abaturov Crédits : Nour Films distribution

Nous recevons le réalisateur à l'occasion de la sortie de son film "Le fils", en salle le 29 mai.

Alexander Abaturov nous plonge dans l’univers clos des futures Spetsnaz, unités d’élite de l’armée russe, dont faisait partie son cousin Dima : la vie et les étapes de formation des jeunes recrues, dévouées corps et âmes à la patrie, jusqu’à l’examen final pour devenir béret rouge. En parallèle, nous suivons les parents de Dima qui tentent de faire le deuil de leur fils.

"Le fils" de Alexander Abaturov
"Le fils" de Alexander Abaturov Crédits : Nour Films distribution

A la mort de mon cousin, c’est ma tante qui m’a dit de faire un film, et au début, je ne l’ai pas prise au sérieux, je trouvais que c’était impossible de traiter d’un sujet aussi difficile et de se questionner sur le cinéma, à cause du lien intime que j’avais avec mon cousin. Mais avec le temps, c’est devenu un moyen d’évacuer la douleur, de faire sortir l’énergie, et ça a pris quatre ans. 

L’autorisation de filmer a été l’enjeu principal du film, mais la Russie est le pays des merveilles où tout est interdit, mais où tout est possible si on frappe aux bonnes portes. L’armée, c’est un milieu très fermé, à la fois administrativement, et au sein même de la communauté militaire. Les militaires ne parlent jamais de leurs missions, de leurs expériences à des civils. En fait, j’ai remarqué que pour les civils, les militaires sont des civils déguisés dans de drôles d’uniformes, et pour les militaires, les civils sont à part, on ne se mélange pas. Moi, j’étais explicitement un civil qui n’a jamais fait son service militaire, et j’ai dû me faire accepter et gagner leur confiance afin qu’ils m’aident. 

Au début, j’avais beaucoup de colère envers ces soldats, mais en fait ce sont les victimes de cette situation politique, et je me suis rendu compte qu’ils étaient tous mes cousins. Au départ, ils m’ont accepté parce que j’étais le cousin de Dima, et pour eux c’était important de faire ce film. Ce sont des gens extrêmement simples et honnêtes. Pour moi, tous les visages qui sont dans le film sont les symboles de cette machine qu’est l’armée, et qui essaie de faire de la viande hachée avec toutes leurs individualités. Mais au final, l’individu est plus fort que la machine. 

Il y a plusieurs niveaux dans le film, ça parle de la Russie, mais  il y a un niveau très intime et familial. Ca parle aussi de tous ces gens en Russie, qui sont obligés de faire leur service militaire : j’ai voulu que ce soit un récit planétaire. 

Prise de son

Jean-Michel Bernot

Affiche du film "Le fils"
Affiche du film "Le fils"
Intervenants
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