LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Alexandre Labruffe

Alexandre Labruffe : " Je ne suis que le greffier de la réalité"

58 min
À retrouver dans l'émission

"Chroniques d’une station-service" le premier roman d'Alexandre Labruffe paraît aux éditions Verticales. L'auteur nous parle avec sérieux et humour de nano-récits, de l'importance de ce qui n'est pas écrit, de station-service comme lieu de notre amnésie et de l'immobilité comme résistance au monde.

Alexandre Labruffe
Alexandre Labruffe Crédits : Francesca Mantovani

Dans ce premier roman, Alexandre Labruffe met en scène Beauvoire, pompiste à Pantin, qui gère via les écrans de contrôle les allers et venues des automobilistes et tient la caisse ou le bar. Scrutant et commentant l'apparente inertie du quotidien, les discours et les attitudes des clients, cet observateur extralucide livre une réflexion mêlant humour et gravité sur l'espace périurbain et sur la société contemporaine. 

Extraits de l'entretien

"L’environnement fait d’incertitudes est essentiel à cette station-service : sans incertitudes il n’y aurait pas de fiction. Cette station-service qui flotte au milieu de ce paysage périurbain, est le lieu de l’incertitude, le lieu de l’incertain, des possibles et des fantasmes. "

"J’ai écrit ce roman en quatre mois, nuit et jour. Beaucoup de romanciers se disent dépossédés de leur roman à leur sortie, mais moi, je suis complètement possédé par mon roman, par mes histoires. C’est un roman écrit par fragments numérotés, avec des chapitres qui peuvent être très courts. C’est une joyeuse pluie de confettis, portée par beaucoup de nano-fictions et de nano-récits. "

"Mon personnage regarde le monde passer, c’est un monde qu’il ne comprend pas, ou qu’il comprend trop bien, on ne sait pas trop. Il se considère comme le dernier des humains, échoué sur une terre peuplée d’étranges créatures, mais finalement c’est peut-être lui l’alien. Il est en position contemplative et immobile. Je voulais travailler la question de l’immobilité comme une possible résistance au monde. "

"J’ai un rapport très particulier aux chiffres : je les adore et je les déteste en même temps. De même, j’adore les mots, alors j’ai voulu réunir les deux. Je déteste les chiffres et ce qu’ils peuvent nous imposer. Quand j’ai numéroté les chapitres j’avais deux ambitions : je voulais sortir du magma du récit, car j’ai une allergie envers les formats longs du roman, et j’ai voulu faire des bulles de phrases, faites de poésie, d’ironie, d’aphorismes. Ensuite, je suis parti du principe d’un faux scénario, tout est faux dans ce roman. Enfin, Je voulais sortir de la justification qu’impose une histoire : ce qui est important, c’est aussi ce qu’on n’écrit pas. "

"La station-service c’est d’abord le lieu de notre amnésie, de notre inconscience et de notre toxicomanie. Non seulement on y consomme de l’essence, sans se rendre compte du saccage que cela représente, mais  aussi de la junk food, et tout un tas de produits de consommation. Notre pompiste se considère comme le principal dealer d’un monde de consommation qui tourne en rond. La station-service porte en elle les germes de la fin du monde, mais, avec ce roman, je voulais annoncer qu’une autre fin du monde était possible."

Archives

Dalibor Frioux, émission « Toute toute première fois », France Inter, 2011

Jean Baudrillard, émission « Réveil en d’autres lieux », France Culture, 1983

Régine Desforges, émission « Nuits magnétiques », France Culture, 1980

Référence musicale

Alain Bashung, Station-service

Prise de son

Jean-Ghislain Maige

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Intervenants
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......