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Amira Casar

Amira Casar : "J'aime faire de la place pour l'autre en moi"

1h
À retrouver dans l'émission

la comédienne nous livre sa quête de l'ailleurs, de la rigueur et du chaos, souligne la littérature imagée de Ferrante, ainsi que la plus grande facilité de rajouter que gommer, sans oublier la fragilité de la voix humaine.

Amira Casar
Amira Casar Crédits : @Pool CATARINA/VANDEVILLE/Gamma-Rapho - Getty

Amira Casar tient le rôle de narratrice dans l’adaptation radiophonique en 10 épisodes de « L’Amie prodigieuse » d’Elena Ferrante, diffusée du 6 au 17 mai à 20h30 sur France Culture. 

J’ai été habituée à entendre beaucoup de langues dans mon enfance, donc j’ai une facilité pour les langues, et j’ai toujours aimé les mots. Aujourd’hui, la quête du savoir, être une femme savante, un « bas-bleu », ce n’est pas très sexy. Le contenu n’est pas important, ce qu’on met en avant, c’est la surface, et j’aime les mots car j’ai besoin de m’ancrer dans quelque chose de profond, qui me ravive, et je le trouve auprès des poètes et des musiciens.

Au théâtre, on est vulnérables car on n’a pas de filet, on ne peut pas reproduire ce qu’on a fait la veille, c’est métaphysiquement impossible, si on essaie, c’est mauvais. C’est une nouvelle lancée tous les soirs. Quand on dit de moi que je suis une actrice physique et que travaille avec mon corps, je suis ravie de l’entendre. Mon corps engrange des mémoires, des sons et je travaille avec. Et j’espère qu’à la radio on entend aussi bien ma voix que mon corps. 

Je suis rentrée au conservatoire en faisant le grand écart, en jouant Feydeau, parce que je ne voulais pas être cataloguée, et j’ai joué également des rôles de soubrettes, de reines déchues, de vieilles, parce que mes professeurs ont vu, dans la jeune fille que j’étais, un corps vieux. Je n’aime pas trop le mot « femme », car je ne peux pas me définir dans un sexe précis, quand je joue, parfois, je change de sexe.

Aujourd’hui, on veut tout rendre visible, et je n’aime pas ça, et c’est pour ça que j’aime venir à la radio, et quand je viens, je demande à ne pas être filmée. J’aime qu’on imagine, et quand je fais de la radio, c’est presque comme du cinéma invisible.

Archives

Jeanne Balibar, émission « L’heure bleue », France Inter, 2017

Maria Callas, entretien mené par Micheline Banzet-Lawton, en février 1965

Catherine Hiegel, émission « Une saison au théâtre », France Culture, 2018

Extraits

« L’amie prodigieuse» d'Elena Ferrante, adaptation radiophonique de France Culture, 2019

Shakespeare, Hamlet, To be or not to be , interprété par John Gielgud (source internet)

Références musicales

Bellini, Norma, interprétée par Maria Callas

Rita Pavone, Un amico

Prise de son

Nacer Noussaoui

Bibliographie

Intervenants
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