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Arielle Dombasle et Joséphine de La Baume dans "Alien Crystal Palace"

Arielle Dombasle : "C'est une grâce de vivre dans cette époque où le cinéma existe"

58 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la sortie de son nouveau film "Alien Crystal Palace", en salles le 23 janvier, l'actrice et réalisatrice nous parle de films libres, de constance et de fidélité à soi-même dans la création, et de l'importance de la transgression.

Arielle Dombasle et Joséphine de La Baume dans "Alien Crystal Palace"
Arielle Dombasle et Joséphine de La Baume dans "Alien Crystal Palace" Crédits : ORANGE STUDIO

Un savant fou, imprégné d'ésotérisme, cherche à réformer le couple idéal de la mythologie égyptienne, Isis et Osiris : un homme et une femme qui s'aimeront d'un amour parfait. Il tente, en vérité, de surpasser le modèle des sites de rencontre qui pullulent sur Internet. Mais il ne réussit pas à accomplir son prodige. Et il se condamne à faire disparaître les sujets-objets de ses expériences et à tuer les couples qu'il réunit jusqu'à ce qu'il ait trouvé le couple idéal.

Maintenant il y a cette idée que le cinéma est devenu une industrie, un commerce, et ce que m’a appris la Nouvelle Vague et Rohmer en particulier, c’est que si on veut faire des films libres, il faut les faire avec un maximum d’invention, un maximum d’amitiés ou d’affinités électives avec les personnes qui vont être dans le film, et un minimum d’argent, parce que l’argent se paie cher en liberté. La France est encore un pays où le cinéma peut être libre, et le cinéma tel que je l’aime et que j’aime faire, est un septième art, un carrefour des arts.

J’aime un cinéma très travaillé, très spectaculaire, qui frôle avec le fantastique, et pour cela il faut beaucoup de préparation en amont du tournage.

Je théâtralise mes personnages d’une manière ambigüe, mais en même temps je n’essaie pas d’en faire de faux dieux, mais d’en faire des représentations de dieux, comme le font Vingt-et-un siècle de représentations autour du religieux, du métaphysique. Ces représentations sont incarnées dans un rituel que je voulais amusant à regarder et crédible.

Quand on crée, il faut rester avec cette constance, cette fidélité à soi-même, trouver quelque chose qui ne vous trahit pas, et rester extrêmement lié aux forces les plus fondamentales. Il faut créer quelque chose de singulier, sans tenir compte du jugement des gens, car si on en tient compte, on tombe à côté, il faut toujours rester fidèle au projet.

On est tous voués à la transgression, c’est quelque chose qui nous attire, qui est intrinsèquement lié au plaisir : s’il n’y a pas de transgression, il n’y a pas de plaisir. Mon film plein d’audace, et il est fait d’un mélange des genres et ça, ça trouble les gens, car c’est aussi très transgressif. Finalement, la transgression c’est la liberté.

Archives

David Lynch, émission « Voulez-vous sortir avec moi ? » , France Inter, 2010

Alejandro Jodorowsky, émission « Ping Pong », France Culture, 2017

Jacques Lacan, émission « Hors champs », France Culture, 2014

Dario Argento, émission « Ciné club », France Culture, 1998

Références musicales

Arielle Dombasle et Nicolas Ker, The Tempest 

Arielle Dombasle, Carthagena 

Dominique A, A la fin d'un monde

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