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Barlen Pyamootoo

Barlen Pyamootoo : " Avec Whitman, les champs d'innocence deviennent des champs d'expériences"

59 min
À retrouver dans l'émission

Pour son livre « Whitman » aux éditions de l’Olivier, l'écrivain évoque son amitié quasi-réelle avec le grand poète humaniste Walt Whitman, qui lui a fait découvrir une Amérique baptisée dans un bain de sang, et une humanité révélée par le contact avec les malades et les corps mutilés des soldats.

Barlen Pyamootoo
Barlen Pyamootoo Crédits : @Patrice Normand

Le 16 décembre 1862, le poète Walt Whitman apprend que son frère George a été blessé à la bataille de Fredericksburg (Virginie), l'une des plus meurtrières de la guerre de Sécession, et décide de partir à sa recherche. À Washington, il fait le tour des hôpitaux militaires, déambule entre les lits, bouleversé par les corps mutilés et par tous ces jeunes soldats dont «les visages sont comme des prières nues». Désormais, il remplit ses carnets du quotidien des soldats et assiste les blessés et les malades dans les hôpitaux, ses écrits et la guerre ne faisant plus qu'un.

Durant treize jours, Barlen Pyamootoo suit Walt Whitman dans son périple en train et en bateau, de Brooklyn à Falmouth, et plonge avec lui dans les horreurs de la guerre.

Walt Whitman en 1863
Walt Whitman en 1863 Crédits : @courtesty Library of Congress - Getty

Quand j’écris ce livre, j’ai l’impression de ne pas parler du poète, mais de parler de l’homme, il me touche par son humanité. J’ai l’impression que c’est vraiment quelqu’un de la famille, je lui tape sur l’épaule ou je marche à côté de lui. C’est le cinquième livre que j’écris, et j’ai ressenti peut-être pour la première fois, que j’étais à côté d’un pote, d’un personnage magnifiquement vivant.    

Walt Whitman est le père et la mère de la littérature américaine. Voilà quelqu’un de très simple, qui ne se soucie pas de ses apparences, qui prône la démocratie, qui a une vision du monde extraordinaire pour le XIXème siècle, notamment en ce qui concerne l’égalité entre les hommes et les femmes. Il est d’une bonté incroyable vis-à-vis des personnes les plus défavorisées, et en plus c’est un très grand écrivain, mais jamais il ne s’en flatte, il reste modeste jusqu’à sa mort. J’ai rarement rencontré des êtres pareils. 

Le baptême de l’Amérique se fait dans le sang et dans l’horreur, avec toute cette jeunesse qui va être décimée. Pendant la guerre de Sécession, il y a des morts par milliers chaque jour. Je me suis plongé dans tout ce qui pouvait concerner Walt Whitman, à la fois dans la guerre de Sécession, que je connaissais très mal, et dans sa vie et sa poésie. En fait, c’est la guerre qui le sauve en quelque sorte, qui le fait sortir de sa léthargie newyorkaise. A Washington, il va passer plusieurs années à soigner les malades et les blessés : c’est là qu’il découvre l’humanité.

Lectures

Barlen Pyamootoo, Whitman, Editions de l’Olivier, 2019

Walt Whitman, Feuilles d’herbe, Editions Grasset, 2009, (traduction de Jacques Darras)

Archives

Octavio Paz, émission « Le bon plaisir », France Culture, 1991

Pierre Michon, émission « Du jour au lendemain », France Culture, 1991

Références musicales

Marisa Anderson, Slow Ascent 

Marisa Anderson, Lament 

Jeff Buckley, Hallelujah

Brother Green, Traditional 1865 songs of hope and home from the american civil war

Prise de son

Louis Bardinet

Bibliographie

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WhitmanBarlen PyamootooL'Olivier, 2019

Intervenants

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