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Boris Charmatz, 10000 gestes

Boris Charmatz: "Cette pièce, c'était une course contre la mort, un cimetière de gestes "

59 min
À retrouver dans l'émission

Chorégraphe, il imagine, dans sa dernière pièce, « 10000 gestes », une « forêt chorégraphique », constituée de gestes uniques, dans laquelle aucun geste n’est jamais répété par aucun des danseurs en présence (après Chaillot, à Paris, il sera les 24 et 25 novembre, au Théâtre National de Bretagne)

Boris Charmatz, 10000 gestes
Boris Charmatz, 10000 gestes Crédits : Théâtre National de Bretagne

Ce soir il y a débordement. Plus de gestes que l'on peut en voir. Plus de corps que l'on peut en toucher. Plus de vies individuelles que l'on peut en accueillir. Ça échappe. Ça ne peut être capturé ni par le regard, ni par quelques définition, ni finalement par les rebords de la scène. Vingt cinq danseurs font 10000 gestes uniques pendant une heure, quasiment sans répit, tandis que Le Requiem de Mozart clignote, d'une présence plus ou moins imposante. Vingt cinq danseurs vont au-delà de la danse pour rejoindre la danse, fièrement, qui dit qu'on ne l'aura pas. Car la danse passe, et plutôt que d'en faire sa fébrilité, dans un monde obsédé d'archivage et de mémoire, il est possible que s'y niche son ultime résistance. Résistance transmissible si tant est que l'on se laisse traverser, contaminer par une énergie pure, en acceptant de ne pas la retenir. D'en prendre soin, mais ne pas vouloir la posséder. Bref, en se laissant déborder aussi. Dire si cette nouvelle création, 10 000 gestes, a à voir avec la fin d'un monde ou son perpétuel pouvoir de renaissance, ce serait trancher, or cela déborde, là aussi... 10000 gestes est présenté dans le cadre du Festival d'Automne au Théâtre national de Chaillot, à Paris, puis à Rennes,, dans le cadre du festival Mettre en scène.

Et si les danseurs ne faisaient jamais le même geste, qu'est-ce que cela ferait? C'est parti tel un travail expérimental, existentiel. .... Laisser mourir le geste, pour laisser la place à un autre geste.

Les gestes sont très liés aux danseurs - il y a très peu de gestes à moi -, c'est lié à leur archéologie, leur patrimoine. La pièce, c'est un grand geste collectif, aussi.

C'est un jeu de séparation et en même temps, de flux ; c'est une pièce d'hommage au mouvement.

Programmation musicale :

  • Philippe Glass : Einstein on the beach, Knee Play
  • Générique de fin. Bruce Springsteen, State Trooper
Intervenants
  • Danseur, chorégraphe et directeur du Musée de la danse à Rennes.
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