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Marie-Armelle Deguy, Sarah Le Picard et Clémentine Verdier dans « Mme Klein », mise en scène de Brigitte Jacques-Wajeman

Brigitte Jacques-Wajeman : "Le théâtre, c’est un laboratoire des passions"

58 min
À retrouver dans l'émission

Pour sa mise en scène de la reprise de « Mme Klein » de Nicholas Wright au théâtre de la ville du 26 février au 2 mars, elle aborde le huis clos de trois femmes psychanalystes, une lettre jamais lue, une mère dévoratrice, et les répercussions de ce texte sur des spectatrices mères et filles.

Marie-Armelle Deguy, Sarah Le Picard et Clémentine Verdier dans « Mme Klein », mise en scène de Brigitte Jacques-Wajeman
Marie-Armelle Deguy, Sarah Le Picard et Clémentine Verdier dans « Mme Klein », mise en scène de Brigitte Jacques-Wajeman Crédits : @Pascal Gely

Une nuit,  Mélanie Klein, pionnière de la psychanalyse des enfants, apprend la mort de son fils Hans en montagne dans les environs de Budapest. Sa fille Melitta soutient que c’est un suicide et l’en rend responsable ; Paula, une amie de Melitta devient le témoin involontaire du conflit entre la mère et la fille.

"Mme Klein"
"Mme Klein" Crédits : @pascal Gely

Ce qui est fondamental dans la pièce, c’est l’affrontement entre la fille et la mère. Dans « Mme Klein » beaucoup de choses se jouent : non seulement le rapport mère-fille, qui est souvent ravageur, mais aussi le rapport au travail, aux hommes, qui sont absents dans la pièce et dont l’absence est dramatique. En fait, dans la théorie kleinnienne, la mère prend une place considérable au dépend du père.

Ce sont des femmes qui sont plutôt émancipées et ça leur a coûté : ça leur a couté un foyer, un homme : c’est dur, mais c’est aussi quelque chose de gagné. Elles sont libres et elles travaillent tout le temps, elles sont analystes, elles ont la troisième oreille, c’est-à-dire qu’elles entendent tout, même les sous textes. Dans ce sens, le métier d’analyste rejoint le métier de metteur en scène.

C’est la pièce la plus envahie d’objets que j’ai jamais montée. D’habitude, je monte plutôt des classiques avec presque rien sur le plateau, et là, j’étais envahie d’objets absolument nécessaires, puisqu’on en parle dans la pièce. J’ai dû mettre en place une sorte de naturalisme apparent, mais j’ai aussi voulu donner au décor une dimension onirique. J’ai mis de lourds rideaux très sombres dans lesquels, dans l’obscurité, on voit les femmes circuler et derrière lesquels elles disparaissent. J’ai essayé de m’approcher d’une dimension de l’inconscient, beaucoup plus intime. 

Quelle que soit la pièce que l’on monte, c’est une interrogation du théâtre, de l’os du théâtre, c’est pour ça que c’est bien de varier les choses. J’ai l’impression d’interroger le théâtre constamment. Pour moi, c'est un lieu où on se demande toujours ce qui se passe entre les gens, et on arrive à chaque fois à un point d’énigme.

Archives

François Régnault, émission « On commence », France Culture, 1993

Antoine Vitez, entretien avec Yvonne Taquet, France Culture, 1972

Rozenn le Duault, émission « Les chemins de la connaissance », France Culture, 1988

Références musicales

John Parish, Le passé devant nous

Lizzy Mercier Descloux, Nina con un tercer ojo

PJ Harvey et Nick Cave, Henry Lee

Intervenants
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