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Delphine Hecquet

Delphine Hecquet : "La fiction m’apparaissait comme une confidence"

1h
À retrouver dans l'émission

S’octroyer la possibilité d'errer dans les rues de Tokyo, croire en les fantômes pour écrire et porter une grande attention dans la valeur émotionnelle des objets au plateau, Delphine Hecquet est venue nous parler de son spectacle « Les évaporés » au théâtre de la Tempête jusqu'au 23 juin à Paris.

Delphine Hecquet
Delphine Hecquet Crédits : © Laure Chichmanov

Les Évaporés est la deuxième création de Delphine Hecquet en tant qu'auteure et metteuse en scène.

Chaque année au Japon, au moins cent mille japonais s’évaporent sans laisser de trace. Souvent, ils disparaissent pour sortir de situations devenues inextricables et dans lesquelles interviennent le déshonneur ou la honte. S’évaporer ne signifie pas réellement disparaître, il s'agit plutôt d'un phénomène par lequel on se métamorphose. Les évaporés explore ce symptôme sociétal japonais avec pour cœur du propos un questionnement autour de la notion d'identité.

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Souvent l’errance est associée à la paresse. On a peu l’occasion de dire je m’en vais et je ne fais rien car cela renvoie toujours à une forme de souffrance et de solitude. Pour ne pas errer, on prend souvent le prétexte du temps que l’on n’a pas assez alors qu’au contraire on a justement besoin de ne plus se justifier, d'arrêter de dire à quoi est-ce que l’on occupe notre temps, sinon on est toujours au travail de soi-même.

En arrivant sur place, à Tokyo, j’avais fait traduire deux questionnaires de dix questions pour les proposer aux gens que je rencontrais. Il s’agissait déjà de fiction puisque je leur demandais d’imaginer qu’ils s'étaient évaporés ou bien qu’ils étaient des proches d’évaporés. Ils étaient déjà des personnages. Cela les protégeait de mes questions.

Les acteurs sont des japonais qui vivent en France. Je ne comprenais rien au moment des premières improvisations en japonais au plateau. C’est en les observant que beaucoup de scènes sont nées. Sans langue commune, on devient un observateur très intéressant, on essaye de comprendre l’humain, de saisir ce qu’il se dit uniquement grâce à des repères très précaires, très proches de l’état d’enfance quand on ne sait pas encore parler. Alors on se sert de son imaginaire pour combler, j’ai beaucoup travaillé comme ça, à partir de ma propre incompréhension et de mon imaginaire.  

Archives

Christian Boltanski, émission « atelier de la création radiophonique », France Culture, 1978 

Julien Gosselin, émission « Par les temps qui courent », France Culture, 2018

Jacques Derrida et Pascal Ogier, extrait du film « Ghost Dance » de Ken McMullen, 1983

Références musicales

Coconami San, Miyaji

David Bowie, Changes 

Prise de son

Benjamin Vignal 

Spectacle 

« Les Evaporés » au Théâtre de la Tempête du 5 au 23 juin 2019

Intervenants
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