LE DIRECT
Frédéric Fisbach, dans "Et Dieu ne pesait pas lourd", de Dieudonné Niangouna

Dieudonné Niangouna : " On est là pour faire fructifier non pas nos colères mais nos lucidités"

58 min
À retrouver dans l'émission

L’auteur dramatique, metteur en scène et acteur, écrit, à la demande du comédien et metteur en scène Frédéric Fisbach seul en scène, le texte de la pièce « Et Dieu ne pesait pas lourd… », une création programmée jusqu’au 10 février, à la MC 93 de Bobigny.

Frédéric Fisbach, dans "Et Dieu ne pesait pas lourd", de Dieudonné Niangouna
Frédéric Fisbach, dans "Et Dieu ne pesait pas lourd", de Dieudonné Niangouna Crédits : MC 93 Bobigny

Dans l'obscurité, lieu mal défini, d'abord, resté flou ensuite, un homme vocifère. Sa parole est coupée par des décharges de lumière, de son et d'électricité. Il commence par dire l'impossibilité de se défaire complètement du lait et des chairs de sa mère, s'adresse ensuite à des geôliers, des interrogateurs, à un public peut-être... Son image est projetée sur un écran mauvais. Personne n'a la conscience tranquille au vingt-et-unième siècle. L'ennemi, c'est l'ennemi. Tandis qu'il tient blotti contre lui un roman de Cher Himes, les cibles de sa colère se déplacent, l'impérialisme occidental, la bêtise sans futur des djihadistes, Dieu lui-même... Dans un volte-face final, on ne sait plus ce qu'il faut croire, et prendre pour vrai. On est au théâtre, ça tombe bien. Et Dieu ne pesait pas lourd, c'est le titre du texte de Dieudonné Niangouna, joué à la MC93 de Bobigny. C'est visible jusqu'au 28 janvier. Il est interprété et mis en scène par Frédéric Fisbach. 

On part de l'intime, d'une histoire très réelle. Anton n'est jamais arrivé à sortir de sa mère, à se prendre en charge, à prononcer son propre jeu, sortir de cette chose-là, sortir son jeu à lui... 

Il se rend compte de toute cette traversée, et c'est cette enfance aussi qui lui permet de lire et de savoir lire comment aujourd'hui il est mal tombé, comment il a été influencé par un ami qui n'était pas un vrai ami, influencé par de mauvaises lectures, par de mauvais choix... 

Ce qui amène la colère à ce personnage, c'est  le fait qu'il n'est pas écouté pendant qu'il raconte son histoire. Quand les djihadistes le bloquent dans ce désert et qu'il commence à parler, on le prend pour un rigolo, on le torture. Pendant qu'il explique, il est torturé, pendant qu'il explique, il n'est pas écouté, et ça dure des années et des années. Il se met à hurler. Et pendant qu'il hurle, il dit la même chose que ce qu'il disait quand il parlait doucement. "- Pourquoi tu hurles? -Je ne hurle pas pour que tu me fasses écouter, je hurle parce que ça fait longtemps que je te dis d'arrêter de me torturer. Ce qui me fait hurler, c'est que tu nies mon existence."

Les mots ne viennent pas de la parole, ils viennent du silence. C'est "là-bas" qu'on va chercher les choses, choper les mots qui nous parlent. Il faut beaucoup de silence.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Programmation musicale :

  • André Ze Jam Afan et Vincent Courtois, La besace du crabe
  • Chet Baker, Funny Valentine
  • Générique de fin, Laurie Anderson, Born, Never asked
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......