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le groupe Kassav en concert à Abidjan en 2009

Kassav : "Il faut garder le côté gai de la musique, même pour parler de choses douloureuses"

59 min
À retrouver dans l'émission

Au cours de l'entretien, Jocelyne Beroard et Jacob Devarieux, 2 des membres fondateurs du groupe Kassav abordent la mémoire musicale fouillée auprès des anciens, le créole leur langue maternelle apparentée à celle de l'émotion et la nécessaire réappropriation de la culture des Antilles.

le groupe Kassav en concert à Abidjan en 2009
le groupe Kassav en concert à Abidjan en 2009 Crédits : @KAMBOU SIA - AFP

A l’occasion de leur 40 ans de carrière, nous recevons Jocelyne Beroard et Jacob Devarieux, deux membres du groupe fondateur du ZOUK, pour leur concert au Paris La Défense Arena le 11 mai.

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Pour ne pas prendre la grosse tête, la chance qu’on a, c’est qu’on partage le succès, il n’y a pas qu’un seul compositeur, tout le monde participe. Ça nous permet de rester les deux pieds sur terre. On essaie de vivre normalement, et ce sont les gens qui nous rappellent que, pour eux, on n’est pas tout à fait normaux.

Toutes les générations venaient voir Kassav, étaient à l’affût de nouvelles sonorités, les gens avaient besoin de quelque chose de nouveau, de quelque chose qui les réveille. Et, les musiciens s’intéressaient à la musique de Kassav parce qu’il y avait une combinaison étonnante des arrangements qui les interpelait. On a créé le groupe pour trouver un nouveau son qui soit reconnaissable comme provenant des Antilles françaises, comme le reggae avec la Jamaïque. On voulait la musique de chez nous, dans la langue de chez nous, mais que ça touche le reste du monde. 

Avant la musique était "doudouiste", elle confortait l’idée que les gens se faisaient de nous, à savoir les cocotiers, la plage, les accras et les doudous…Nous, on voulait sortir de ça. Les Antillais ont été éduqués de façon silencieuse sur le fait qu’ils sont limités, alors on a voulu dépasser les limites, casser les barrières et ouvrir les portes, et pour ça, il fallait travailler. 

On essaie de trouver un côté positif aux choses, on se dit que même si ça ne va pas, on est encore vivant, et on essaie de trouver des solutions. En plus, chez nous, on a l’habitude des catastrophes, il y a des cyclones, des tremblements de terre qui font beaucoup de dégâts, mais on se relève toujours. On a l’art de l’autodérision, et cette habitude de toujours se relever, et pourquoi ne pas le faire avec le sourire. 

Extrait

"Kassav, 40 ans de carrière", film de Benjamin Marquet, 2019

Références musicales

Kassav, Zouk la se sel medikaman nou ni

Kassav, Ba nou zouk la 

Prise de son

Tahar Boukhlifa

(1ère diffusion le07/05/2019)

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