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Fanny Chiarello

Fanny Chiarello : " Le plus grand fléau qui gâte l’écrivain, c’est les escarres"

1h18
À retrouver dans l'émission

Pour la parution le 7 mars de son livre « A happy woman », aux éditions de l’Olivier, l'auteur évoque avec enthousiasme sa rencontre en tête à tête avec une légende et son univers musical unique, son besoin de s'incarner pour pouvoir créer et l'importance du déterminisme géographique.

Fanny Chiarello
Fanny Chiarello Crédits : @Patrice Normand

Le livre est un récit intimiste d’une rencontre entre l’auteure et Meredith Monk, star de l’avant-garde, considérée  comme l'une des compositrices et interprètes les plus originales des États-Unis. Ponctué d’extraits d’entretiens et de photographies prises par l’auteure durant un mois en 2017, le livre se lit comme un reportage littéraire mêlant complicité et regard critique.

En allant à New York, ce que je voulais surtout, c’était tester ma capacité à improviser, et ça fait partie de la démarche que j’ai envie d’embrasser maintenant dans la création. Après avoir été très longtemps assise à mon bureau,  j’ai décidé d’aller à la rencontre des gens et des lieux et de voir comment ça se passe, tout simplement, avec ma fragilité et mon incompétence. Ne pas être derrière son bureau, c’est aussi ne pas s’appuyer sur des références, des autorités, ne pas avoir un discours érudit ou académique, mais être un être humain face à un autre. Donc c’est ce qui s’est passé, un tête à tête avec Meredith Monk et quelques autres personnes.

Je vais vers Meredith Monk parce que, quand je découvre sa musique, elle me semble faite pour mes synapses, et donc je veux rencontrer cette femme qui à mes yeux est une légende. Ce qui m’intéresse c’est cette dimension de la légende. Meredith Monk croit au génie, moi non, mais j’ai voulu rencontrer la femme qui invente cette musique inouïe avec sa personnalité, sa propre structure mentale.  Ce qui m’intéresse c’est d’être confrontée à l’incarnation de cette personne qui a créé un univers sonore à part entière. C’est de la voir dans son quotidien tout autant, voire plus, que de la voir en répétitions, et surtout de la voir si petite au milieu de cette ville immense.

Comme je suis très discrète, à la fin d’une répétition, je vais voir Meredith Monk et je lui demande si je suis la bienvenue le lendemain, dans son loft, pour assister à une répétition en plus petit comité, et elle me répond : « bien sûr, vous êtes très discrète vous pouvez venir ». Donc je gagne ma place dans l’ensemble de Meredith Monk par le biais de la discrétion, voire, de l’invisibilité. Mais à un moment, je veux montrer que je peux être un être incarné, et pas seulement un carnet sur des genoux.

Parmi les déterminismes qui me semblent très importants dans la création, il y a le genre mais aussi la géographie. Il n’est pas anodin pour une autrice ayant grandi dans une petite ville mal considérée d’un bassin minier, d’arriver un jour, à la seule force de la volonté et avec un peu de chance, à New York. En fait, New York était une sorte de symbole que je rejetais, mais j’ai fini par être apprivoisée par la ville.

Archives

Meredith Monk, émission « France Musique la nuit », France Musique, 1983

Sylvère Lotringer, émission « Nuits magnétiques », France Culture, 1985

Références musicales

BOF "Mulholland drive"

De La Soul, The Magic Number 

Meredith Monk, Three heavens and hell

Bibliographie

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A happy womanFanny ChiarelloEditions de l'Olivier, 2019

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