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Fatoumata Diawara

Fatoumata Diawara : "Pour moi, la musique est avant tout une résonance"

45 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons la grande chanteuse, compositrice et comédienne malienne à l’occasion de son concert le dimanche 13 septembre dans le cadre du festival Jazz à la Villette.

Fatoumata Diawara
Fatoumata Diawara Crédits : Aida Muluneh

Devenue en moins de dix ans l’une des grandes voix de l’Afrique moderne, la chanteuse, autrice et compositrice malienne Fatoumata Diawara rayonne sur scène d’une énergie communicative.
 

Si Fatoumata Diawara s’est d’abord faite connaître par son travail de comédienne, elle est devenue – en un peu plus de dix ans – l’une des voix les plus importantes de l’Afrique moderne. Par ses collaborations, d’abord, qui dessinent la carte d’un monde curieux des traditions mais bien déterminé à les enraciner dans le présent, voire le futur. On a pu la voir aux côtés de Mulatu Astatké, Oumou Sangaré, Hindi Zahra (en 2017 à Jazz à la Villette), Herbie Hancock, Matthieu Chédid ou encore Damon Albarn, avec ses projets Gorillaz ou Rocket Juice and the Moon. Surtout, avec ses deux albums, et notamment son récent Fenfo en 2018, elle associe avec une grande fluidité les sonorités d’instruments traditionnels (kora, kamalé n’goni) à une approche moderne de la production, au fil de chansons interprétées en bambara, qui lorgnent du côté du blues comme du funk ou de l’afro-pop.   

Fatoumata Diawara sera en concert le dimanche 13 septembre dans le cadre du festival Jazz à la Villette. Elle sera également sur la scène du théâtre du Châtelet du 2 au 18 octobre 2020, dans la création Le Vol du Boli. Elle tient le rôle féminin principal de spectacle, imaginé par Damon Albarn et Abderrahmane Sissako, cinéaste notamment primé aux César pour son film Timbuktu

Nos spectacles c’est vraiment du live, c’est une question de vibrations. En ce moment, j’écoute beaucoup mes instincts, par exemple, avant d’aller sur scène, je ne sais pas du tout ce que je vais porter, c’est pour ça que j’amène toujours deux ou trois tenues. On a beau me gronder, je ne peux pas faire autrement, en fait, je vis instinctivement, et je m’habille en fonction des événements de la journée, et de ce que je ressens. Pour moi, ce que je porte est très important, c’est sans doute dû au fait que je viens du monde du théâtre. J’ai fait beaucoup de théâtre et de cinéma, depuis l’âge de 14 ans, et au théâtre notamment, la tenue définit ton personnage, ton texte, et ton énergie sur scène. En concert, ce que m’a appris le théâtre, c’est la concentration, et cette concentration je l’impose à mes musiciens : je ris, mais en même temps, je suis très sérieuse. Je décide que je vais sur scène, et que je vais travailler : quand il s’agit de travailler, j’ai une discipline théâtrale. Fatoumata Diawara

Nous sommes en mission, nous devons défendre quelque chose, et ce quelque chose, c’est la musique. Pour moi, la musique, ce n’est pas la langue dans laquelle on chante, c’est plutôt les vibrations, ce que tu ressens de l’âme de l’autre : la langue, les mots, tout vient après. Tu peux faire vibrer quelqu’un sans associer des mots à ce que tu dis. Cette résonance, c’est d’abord ça la musique. Fatoumata Diawara 

Je jouais dans une pièce de la compagnie Royal de Luxe, et dans ce spectacle, j’avais une petite partie chantée. Et après le spectacle, les gens sont venus m’en parler. Au départ, j’étais un peu surprise du fait qu’on ne me parle pas de mon jeu d’actrice, parce que je suis comédienne depuis l’âge de 14 ans, et j’aurais bien aimé qu’on me parle de mes efforts sur scène. Mais les gens me demandaient pourquoi je n’étais pas aussi chanteuse. C’est à ce moment-là que je me suis dit que peut-être, il y avait quelque chose que je ne savais pas. J’ai découvert, qu’il y avait aussi quelque chose à faire avec la voix, et pas seulement avec le corps. Je danse depuis que je suis toute petite, puis, j’ai enchaîné avec la comédie, et la voix est donc venue plus tard, grâce au public. Quand j’ai compris que ma voix faisait du bien aux autres, je me suis mise à chanter beaucoup plus, et je me suis rendue compte que mes journées étaient beaucoup plus accomplies, que je me sentais libérée, et que je me faisais du bien : du coup, je n’ai plus arrêté de chanter,  et je chante pour moi, tout le temps. Fatoumata Diawara 

Archives

Myriam Makeba, émission "Concours découvertes", RFI, 1991

Sotigui Kouyaté, émission "Le chantier ", France Culture, 2003

Abdoulaye Diarra, émission "Coda" , France Culture, 1992

Références musicales

Fatoumata Diawara, Fenfo

Fatoumata Diawara, Alama

Prise de son

Cédric Chatelus

(1ère diffusion le 10/09/2020)

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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