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"Vide/Essai de cirque" spectacle de Fragan Gehlker, 2019

Fragan Gehlker : "Il faut apprendre à prendre des risques"

58 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons l'artiste circassien pour son spectacle "Vide/Essai de cirque" qui a lieu du 10 au 15 novembre 2019 sous le grand chapiteau de l’Académie Fratellini à La Plaine Saint-Denis.

"Vide/Essai de cirque" spectacle de Fragan Gehlker, 2019
"Vide/Essai de cirque" spectacle de Fragan Gehlker, 2019 Crédits : Vasil Tasevski

« Il n'y aura pas vraiment de parole, l'acrobate articule mal. Il n'y aura pas vraiment d'orchestre. Le musicien est seul et débordé. Il n'y aura pas vraiment d'animaux. Ils ont été mangés. Il n'y aura pas vraiment de costumes, mais pas non plus de nudité. Il n'y aura pas vraiment de décors. Le théâtre est donc nu. Il n'y aura pas vraiment de texte de présentation qui vous promettent un spectacle poétique, drôle et profond ou onirique, décalé, émouvant et encore moins porté par la grâce ou qui arrête le temps. Il n'y a pas non plus de fausse humilité.  Il n'y a que quelques cordes et des magnétophones, mais on pense que ça vaut le coup. » Voilà ce que promet le spectacle Le vide de Fragan Gehlker avec Alexis Auffray et Maroussia Diaz Verbèke, du 10 au 15 novembre 2019 à l’Académie Fratellini de Saint-Denis. 

Frangan dans le spectacle "Le vide"
Frangan dans le spectacle "Le vide" Crédits : Vasil Tasevski

Extraits de l'entretien

"Il y a beaucoup de raisons qui nous poussent à en finir avec ce spectacle. On a commencé à travailler autour de cette forme dès 2009, et je me suis demandé si c'était quelque chose que je voulais jouer longtemps ou pas. J'aimais bien l'idée d'une performance, réaliser quelque chose qui m'importe vraiment sur un plateau et peut être m'en tenir à ça. J'étais très attiré par la notion de cirque traditionnel, de cirque à l'ancienne, à savoir des artistes qui reproduisent le même numéro toute leur vie et qui le font évoluer, qui l’adaptent en fonction de leur forme, de leur inspiration, et qui l'améliore au fur et à mesure de leur vie. Jamais assez l'idée de m'inscrire en cette forme de tradition, de tenir un spectacle comme ça sur toute une vie d'artiste. En même temps, c’est un spectacle qui demande énormément d’intensité physique. Monter et redescendre sur une corde à dix-sept mètres de haut pendant une heure, c’est très éprouvant pour le corps mais aussi pour l’esprit, car les prises de risques sont importantes. J’ai voulu travailler sur cette question de prise de risque et d’engagement, et je suis très heureux de l’avoir vécu, mais je suis heureux d’y mettre un terme pour pouvoir repartir sur de nouveaux projets. "

"Je me pose encore énormément de questions, notamment sur la valeur de l'art. A quoi sert l'art dans notre société ? Je ne saurais pas vraiment répondre à cette question. De la même manière, je ne sais pas exactement dire ce qui fait spectacle. on a cherché à enlever beaucoup d'artifices de spectacle, c'est à dire des effets de lumière, de décors, de rideaux qui entraînent une espèce de poésie évidente, et l’attention du spectateur On a pu se permettre d'aller progressivement de plus en plus dans l'austérité, au risque de perdre notre public. Mais on a été surpris par l’accueil très vaste de notre spectacle, par sa forme universelle. La réalité d’un homme qui fait, qui répète ses figures, a une valeur beaucoup plus puissante que ce que je pouvais imaginer."

"Le cœur de mon travail est de dépasser la peur. Je ne suis pas un casse-cou au sens où j'aime avoir peur, mais je suis un casse-cou au sens où j'aime prendre des risques qui sont assez balisés. "

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Archives

"Les enfants de la balle", 1963, extrait du spectacle Le vide

Albert Camus par Jean Mogin, RTF, 1955

Chloé Moglia, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2017

lectures

Le funambule de Jean Genet, France Culture, 1973 , lecture de Jean Topart

Le Vide, extrait du livre autoédité par L’Association du Vide

Références musicales 

Bande originale du spectacle Le Vide, par Alexis Auffray

Portico Quartet, Immediately visible 

Taj Mahal & Keb' Mo', Diving duck blues

Prise de son

Marie-ClaireOumabady

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Intervenants

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