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Francis Tabouret

Francis Tabouret: " Dans le voyage, il y a une sorte de chez moi "

58 min
À retrouver dans l'émission

Son métier est d’être convoyeur d’animaux - chevaux, vaches, moutons, taureaux - à travers le monde, en soute d'avion ou en bateau. Il raconte l’un de ses voyages à bord d’un porte-containers, et son quotidien avec les animaux dont il a la charge, publiant un récit, "Traversée", aux éditions POL.

Francis Tabouret
Francis Tabouret Crédits : Hélène Bamberger

On peut toujours noter ses gestes, quelques dates, des horaires, on peut toujours se redire, un par un, le nom des animaux qui voyagent avec nous dans les containers ; si tôt que l’on commence à s’imaginer si loin de chez soi sur la carte, au beau milieu de l’océan, quelque chose en nous se perd ou se trouve, mais certainement pas comme d’habitude. Bizarrement, tant d’eau autour assèche la langue, diminue le nombre de mots dont on dispose. C’est en tous cas ce que  Francis Tabouret écrit dans Traversée, publié aux éditions P.O.L

Je prends l'avion depuis quelques années, parce que je suis convoyeur de chevaux. Un jour, je suis parti pour une première traversée en bateau,  jusqu'aux Antilles, avec des chevaux. 

Mon métier, c'est d'être soigneur de chevaux. Pour la deuxième traversée, on m'a demandé si je pouvais partir avec des chevaux, mais aussi des moutons et des taureaux.

La première impression en bateau, quand on vient de terre, c'est le sentiment de l'immensité. Pour les marins, c'est peut-être petit, pour moi, c'était une masse. Avant de partir, j'avais ce fantasme de l'immensité de l'océan : me sentir tout petit dans une masse liquide.

Il y a peu de monde sur un bateau, vingt, vingt-cinq personnes. Je croisais peu de monde, je n'avais pas besoin de passer tout mon temps avec les animaux, alors j'allais sur la passerelle, converser avec le timonier. On m'appelait le cowboy ; dans le jargon, c'est le mot pour désigner celui qui s'occupe des bêtes.

Ce qui m'est très précieux, ce sont mes yeux. J'avais très envie de décrire. Et cette lenteur sur le bateau permet ça.

En mer, il y a ce temps et cet espace qui sont tellement différents de ceux qu'on vit sur terre, ce silence aussi, il n'y a pas tant de monde à qui parler... 

"Traversée" (éd. POL) premières lignes
"Traversée" (éd. POL) premières lignes Crédits : Francis Tabouret

      Programmation musicale :

  • Wati Watia, Fièrement vôtre
  • Générique de fin, Nat King Cole, Quizas Quizas

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