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Franck Beauvais

Franck Beauvais :"Etre artiste, c'est apprendre à dompter sa solitude"

59 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons le cinéaste qui, après avoir écrit et dirigé huit courts métrages, signe son premier long métrage "Ne croyez surtout pas que je hurle", en salles le 25 septembre.

Franck Beauvais
Franck Beauvais Crédits : Fabrice Lévêque

"Janvier 2016. L'histoire amoureuse qui m'avait amené dans le village d'Alsace où je vis est terminée depuis six mois. À 45 ans, je me retrouve désormais seul, sans voiture, sans emploi ni réelle perspective d'avenir, en plein cœur d'une nature luxuriante dont la proximité ne suffit pas à apaiser le désarroi profond dans lequel je suis plongé. La France, encore sous le choc des attentats de novembre, est en état d'urgence. Je me sens impuissant, j'étouffe d'une rage contenue. Perdu, je visionne quatre à cinq films par jour. Je décide de restituer ce marasme, non pas en prenant la caméra mais en utilisant des plans issus du flot de films que je regarde."

Extraits de l'entretien

"Film, c’est un mot avec lequel je vis depuis très longtemps. Le cinéma a été une fuite très tôt dans mon enfance. Je viens d’une banlieue assez grise et d’un milieu modeste, où l’accès à la culture en général, et aux films en particulier, était extrêmement limité. Je viens d’un temps où il n’y avait que trois chaînes nationales françaises. Mon amour du cinéma vient de certaines émissions comme « Cinéma sans visa » qui en diffusant à 20h30 des films étrangers, par exemple sri lankais, permettait de donner une certaine visibilité à ce cinéma. Ça m’a permis de sortir du prisme du cinéma anglo-saxon et français."

"Ne croyez surtout pas que je hurle", film de Franck Beauvais, 2019
"Ne croyez surtout pas que je hurle", film de Franck Beauvais, 2019 Crédits : Les Bookmakers / Capricci Films

"J’ai un grand goût pour les séries B, les films oubliés ou relégués dans les tréfonds de l’histoire du cinéma et au détour desquels, quelques plans magiques surgissent. Quand j’ai commencé à les extraire, l’idée c’était de trouver des images qui pouvaient dire plus que ce qu’elles montraient, qui pouvaient être utilisées de façon symbolique, comme des métaphores, dont je sais qu’elles allaient pouvoir jouer en contrepoint avec le texte que j’allais écrire."

"En déménageant, je me suis rendu compte que mon identité ne dépendait ni de ma vidéothèque, ni de ma bibliothèque. Le désir de films et de livres est un désir d’objet aussi, et je me raisonne beaucoup sur les questions de consommation. J’ai envie que la consommation de films reste un acte de désir et pas une acte de consommation pur et gratuit. "

"Ne croyez surtout pas que je hurle" film de Franck Beauvais
"Ne croyez surtout pas que je hurle" film de Franck Beauvais Crédits : Les Bookmakers / Capricci Films

"On vit dans une société de la distraction, on essaie de détourner le regard en permanence, c’est peut-être ce qui autorise certaines personnes à se sentir heureuses aujourd’hui, mais moi, quand je me promène dans la rue et que je vois ce qui se passe autour de moi, le bonheur est un état auquel je n’ai pas accès : la jouissance du bonheur me semble relever de l’inconscience et presque de la bêtise."

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Archives

Roland Barthes, émission « Entretiens avec », France Culture, 1977

Emission « ACR : ce qui se perd », France Culture, 2011

Michel Houellebecq, émission « Du jour au lendemain », France Culture, 1994

Christian Boltanski, émission « Affinités électives », France Culture, 2003

Références musicales 

Niklas Pashburg, Tour durmang 

Françoise Breut, La danse des ombres

Eddy Crampes, T'en va pas comme ça

Prise de son

Anthony Thomasson

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Intervenants

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