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Marina Hands, Jean-Louis Coullo'ch, dans "L'Amant de Lady Chatterley", de Pascale Ferran (2006)

Catherine Millet : "Je ne sais pas ce qu’est l’amour, et je ne suis pas sûre de savoir très bien ce qu’est le sexe non plus"

1h
À retrouver dans l'émission

Critique d’art, commissaire d’exposition, directrice de la rédaction d’Artpress, écrivain, elle est l’auteur de "Aimer Lawrence" (éd. Flammarion), un essai sur l'oeuvre du romancier britannique D.H. Lawrence.

Marina Hands, Jean-Louis Coullo'ch, dans "L'Amant de Lady Chatterley", de Pascale Ferran (2006)
Marina Hands, Jean-Louis Coullo'ch, dans "L'Amant de Lady Chatterley", de Pascale Ferran (2006) Crédits : Nathalie Eno - AFP

« Quand je vois comment le milieu artistique et intellectuel dont je fais partie se montre diplomate - enfin disons, précautionneux, hypocrite – à quel point il est consensuel et s’effarouche de la moindre escarmouche, modelé qu’il est par une société qui travestit en bons sentiments les lâchetés, les complicités ou les prises en otage mercantiles, société elle-même régie par une législation de plus en plus serrée de la liberté d’expression, la lecture de Lawrence me fait l’effet d’une bienfaisante purge qui libère de toute une bile refoulée. Je jalouse la rudesse avec laquelle il s’adresse aux autres, qui n’est pas de la méchanceté qui la manifestation de sa liberté et du désir bien sûr de les voir meilleurs, à son idée. » Catherine Millet. L’auteur consacre un livre à D.H Lawrence "Aimer Laurence", et c'est peut-être aussi et beaucoup plus discrètement que ne le suggère son titre, un livre d'amour. Nous profiterons de cette actualité éditoriale pour nous entretenir avec elle de la séquence médiatique récente, où il fut, où il est, question des corps et des vies des femmes sans qu'on ne sache plus exactement parfois de quoi l'on parle, en réfléchissant avec elle aux enjeux de représentation.

J’y suis allée un petit peu à reculons, un peu désorientée par son style, et puis, finalement, j’ai été accrochée …. Ce style très libre, relâché, ça veut dire aussi une grande liberté dans la pensée, dans l’écriture, c’est quelqu’un qui écrivait sans aucun tabou.

Je pense que quelqu’un qui a pu écrire comme il a écrit sur les sentiments et la sexualité des femmes, était forcément quelqu’un qui les a écoutées avec beaucoup d’attention et de tendresse.

Ca m’a secouée qu’un homme ait pu penser, pas seulement à l’accomplissement du désir, mais aussi à son ratage.

Générique de fin. Hadda Brooks, I need a little sugar in my bowl.

Bibliographie

La vie sexuelle de Catherine M.

La vie sexuelle de Catherine M.Catherine MilletEd. du Seuil - coll. Points, 2002

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