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"Ystéria" de Gérard Warkins

Gérard Watkins : "L'hystérie est presque une définition du théâtre"

58 min
À retrouver dans l'émission

Dans son spectacle "Ystéria" au Théâtre de la Tempête à Paris, jusqu’au au 14 avril, le metteur en scène nous invite à réinterroger les rêves et l'irrationnel, et nous donne des clés de lecture de certaines notions de psychanalyse, dans un souci constant de catharsis.

"Ystéria" de Gérard Warkins
"Ystéria" de Gérard Warkins Crédits : @Pierre Planchenault

L’auteur et metteur en scène propose une « étude» de l’hystérie, qui parcourt à la fois les conceptions passées et aborde également la question des formes qu’elle prend aujourd’hui. 

"Ystéria" de Gérard Watkins
"Ystéria" de Gérard Watkins Crédits : @Pierre Planchenault

Dans ce spectacle, j’ai voulu remettre l’hystérie au goût du jour, c’est en quelque sorte mettre en scène la maladie comme un  mystère, et le théâtre est là aussi pour montrer le mystère humain, pour être incroyablement complexe, et ne pas être dans des narratifs basiques et linéaires. Le théâtre permet de rentrer dans une humanité plus profonde et mystérieuse. Je trouvais dommageable qu’on prive l’être humain de la plus grande leçon qu’il puisse recevoir de nos jours, à savoir les leçons de ce que les hystériques ont à nous apporter. 

Je voulais défaire l’image de l’hystérique, comme celle de quelqu’un qui va péter un câble tout le temps, qui hurle, ou se jette en arrière. En fait, mes hystériques sont assez introvertis, ils vont chacun raconter quelque chose sur notre époque. C’est le formatage sociétal qui fabrique aussi l’hystérie, autant que tous les traumas et tout ce qui est raconté par Freud et Breuer.

On est en train de délaisser une grande part de l’écoute du malade. La raison essentielle de ce spectacle, c’était d’essayer de remettre  nos oreilles en état, de pouvoir entendre ce que les gens ont à dire. Ca raconte cette course contre la montre, et le temps dont on a besoin pour pouvoir écouter et soigner quelqu’un par l’analyse. 

C’est très important pour moi la façon dont on nomme le spectateur, la façon dont on l’invite à venir en soi. Dans ma direction d’acteur, même quand j’ai un quatrième mur, j’essaie de créer avec les acteurs une forme de cavité pour qu’il puisse recevoir le spectateur à l’intérieur de lui-même afin que celui-ci puisse jouer à sa place. Il s’agit de laisser une place vide en soi pour accueillir le spectateur, on l’embarque avec nous, car si un acteur joue tout et ne laisse pas le spectateur jouer aussi à sa place,  il n’a aucun intérêt.

Le théâtre à besoin de beaucoup de liberté, ce n’est pas un endroit de formatage. C’est un endroit où ceux qui décrivent, doivent se sentir libres d’oser faire des choses, d’oser remontrer ce qu’il y a de très beau dans le théâtre, dans les personnages, dans les excès, dans les narrations. J’aime qu’on puisse imaginer, réinventer des histoires. En outre,  j’ai une certaine rigueur esthétique, je déteste la vidéo au théâtre, ou les acteurs avec des micros HF, parce qu’on n’entend pas le grain de leur voix. Ma règle esthétique est de rester dans une certaine simplicité, et de rester juste avec l’acteur qui fabrique la lumière et la musique : le théâtre il se passe à cet endroit-là, pas dans la technologie.

Archives

Michel Bouquet lit un texte de Freud, émission « La révolution psychanalytique », RTF, 1963

François Regnault, émission « Une saison au théâtre », France Culture, 2016

Valère Novarina, émission « Les masterclasses », France Culture, 2017

Georges-Arthur Goldschmidt, émission « Surpris par la nuit », France Culture, 1999

Références musicales

Cathy Berberian, Myrakus

Brigitte Fontaine, Inadaptée

Lizzy Mercier Descloux, Herpes simplex 

Prise de son

Guillaume Le Dû

Intervenants
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