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GIPI : "Je construis des déserts, j'ai besoin de déserts pour mes personnages."

58 min
À retrouver dans l'émission

Il est auteur de bandes dessinées. « La terre des fils », éd. Futuropolis, 2017, est nominée en sélection officielle du Festival d’Angoulême du 25 au 28 janvier. Son deuxième roman graphique, « Notes pour une histoire de guerre », est réédité aux éd. Futuropolis, agrémenté d’une préface.

GIPI
GIPI Crédits : Editions Futuropolis

Il y a la terre des pères et il y a la terre des fils. Entre les deux, souvent, il y a des lacs, des rivières et des femmes. Dans la dernière bande dessinée de GIPI, on ne sait pas ce qui a dévasté le monde d'avant, mais on sait que rien de ce qui était familier à ses personnages n'existera plus comme autrefois. C'est l'histoire d'un homme qui a voulu rendre ses enfants invincibles, et même lorsque c'est voulu par amour, cela ne marche jamais. Il faudra aux fils déchiffrer l'héritage, y trouver la tendresse enfouie, et apprendre que peu de choses valent une caresse sur la joue. La terre des fils, publiée aux éditions Futuropolis, est en lice pour le festival d'Angoulême.  Notes pour une histoire de guerre, prix René Goscinny en 2005, vient d'être réédité par les éd. Futuropolis.

J'étais affamé, ce n'est pas une façon de parler. Vraiment. J'avais fait un pari impossible, essayer de devenir un auteur de BD dans un pays où la BD n'était pas du tout appréciée, en tous cas, pas ce genre de BD, à l'époque. Et donc, j'avais suivi cette route un peu extrême, je me suis dit je vais prendre tout le temps pour apprendre à écrire, pour apprendre à dessiner. Et j'étais très pauvre. Ce qui a changé, c'est que je n'étais plus pauvre par la suite, et j'ai pu dessiner beaucoup plus tranquillement. 

Je ne connaissais pas très bien la BD, lorsque j'ai fait mes premiers livres, en fait. Je faisais des histoires, je ne pensais pas qu'elles pourraient être publiées, je ne savais même pas que ces livres de BD existaient. Je vivais dans une maison isolée au milieu d'un bois - je l'ai fait pendant plus de dix ans- c'est au fur et à mesure que j'ai découvert que ces livres existaient, qu'il y avait des personnes qui achetaient ces livres, les lisaient, et que parfois, ces livres suscitaient des émotions chez ceux qui les lisaient.

J'ai relu Notes pour une histoire de guerre, dix ans après, et j'ai détesté ces trois petits salauds immortels. Parce qu'entre temps, j'avais totalement changé, j'avais subi une "déchirance", alors qu'eux étaient encore splendides, vitaux, dans cette recherche encore de bonheur. Ils étaient restés dans leurs conditions d'origine, indemnes au temps qui passe.

J'ai grandi avec mon père comme modèle de vie. Mon père avait vu les nazis chez lui, dans sa maison, et tous les récits qu'il faisait chez nous étaient des récits de guerre, d'aventure, de fuite, de choses parfois très laides auxquelles il avait dû assister, et ces récits ont certainement conditionné mon imaginaire. 

Terre des fils, GIPI
Terre des fils, GIPI Crédits : Editions Futuropolis

Programmation musicale :

  • C W Stoneking, The love me Or die
  • Iggy Pop d’après Kurt Cobain, The passenger
  • Lionel Marchetti, La grande vallée & Adèle et Hadrien (le livre des vacances)
  • Générique de fin, Soap and Skin, Voyage 

Bibliographie

La terre des fils

La terre des filsGipiFuturopolis, 2017

Intervenants
  • Auteur de bande-dessinée
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