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Gisèle Vienne

Gisèle Vienne : "Je considère que le texte nous ampute de la lecture du réel"

43 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons la metteuse en scène pour son spectacle "L’Etang", présenté au Théâtre Paris-Villette du 8 au 18 septembre 2021, dans le cadre du Festival d’automne à Paris, puis en tournée jusqu’en juin 2022.

Gisèle Vienne
Gisèle Vienne Crédits : Karen Paulina Biswell

L’Etang est une pièce de l’écrivain suisse-allemand Robert Walser, un texte de jeunesse qu’il avait offert à sa sœur Fanny. C’est l’histoire de Fritz, un adolescent qui se sent mal aimé par sa mère, et, au comble du désespoir, simule un suicide comme pour s’assurer de l’amour qu’elle lui porte. Ce texte, la metteuse en scène Gisèle Vienne s’en empare, en imaginant un dispositif scénique singulier, dans lequel deux comédiennes, Adèle Haenel et Ruth Vega Fernandez, incarnent l’ensemble des neufs personnages que compte la pièce. 

Qu’est-ce qui se joue au-delà des mots, par-delà les mots, dans les silences, dans les corps, la chair, le souffle, les entrailles, au sein d’une famille dans laquelle l’amour, le trop d’amour ou le manque d’amour, abiment ? Que raconte le corps que la voix ne peut pas dire ? 

C’est ce qu’interroge le spectacle L’Etang de Gisèle Vienne,  que l’on peut voir au Théâtre Paris Villette jusqu’au 18 septembre 2021, puis en tournée Jusqu’en juin 2022. 

A noter également, que, dans le cadre du festival d’automne, le Centre Pompidou propose un Portrait Gisèle Vienne du 6 octobre au 14 novembre 2021.

Extraits de l'entretien

Dans la construction de mes pièces, cela fait vingt ans que j’élabore un langage scénique, que j’arrive à enrichir et à peaufiner, d’années en années, langage qui me permettrait de déplier dans l’espace, ce qui constitue les expériences perceptives. Il y a, par exemple, la mémoire, le souvenir, les différentes strates qui constituent ma perception. Je cherche à montrer, comment développer la conscience de ce qui constitue notre perception, et comment inventer un langage qui va déplier, et rendre visible et sensible, ce qui forme toutes les strates perceptives qui constituent l’expérience du présent. C’est la raison, dans ma mise en scène, de ces jeux de dissociation. Gisèle Vienne, metteuse en scène

En France, on oppose le théâtre de textes, et le théâtre de textes, et je trouve cela totalement aberrant, car, pour moi, le texte nous ampute de la lecture du réel. En fait, on nous éduque à ne pas voir, et à ne pas entendre certaines choses. Les cadres perceptifs mis en place sont une hypothèse qui parfois, défend l’ordre établi, tel que le patriarcat le sexisme ou le racisme. Mais, pour moi, on peut lire le monde autrement. Ces rapports de pouvoir sont structurels, et pour changer la société dans sa structure, il faut déplacer les cadres perceptifs. Gisèle Vienne, metteuse en scène

Archive

Valérie Dréville, émission Par les temps qui courent, Marie Richeux, France Culture, 03/05/2018

Références musicales

Laurence Crane, Chambers works

Gaspard Claus, Une foule 

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
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