LE DIRECT
Pour Mémoire, exposition 2018

Guillaume Herbaut : "Aujourd'hui, on peut tout avec un appareil photo, alors il faut savoir ce qu'on montre."

58 min
À retrouver dans l'émission

La Grande Arche, à La Défense, à Paris, présente du 13 février au 13 mai 2018, une exposition de photojournalisme consacrée aux images du photographe intitulée : « Pour mémoire ».

Pour Mémoire, exposition 2018
Pour Mémoire, exposition 2018 Crédits : Guillaume Herbaut

« Je vois devant moi ce pont enneigé, la lumière bleutée du soir et des traces de loups. Depuis deux jours, je suis dans la zone interdite de Tchernobyl. La zone est devenue pour moi un espace de réflexion. Avec le temps, Tchernobyl est devenu un repère, comme un phare à la lumière morbide. » C’est le texte qui accompagne une série de photos qui donnent à voir la région autour de la centrale de Tchernobyl, après l’accident nucléaire de 1986. Il y a des territoires qui obsèdent. Il y a des lieux qui brûlent. Des lieux autour desquels les images, les photographies, semblent ne pouvoir que tourner. La zone interdite de Tchernobyl est de ceux-là. Guillaume Herbaut est photographe, et l’auteur de ce texte. Une exposition retrace plusieurs années de son travail, et notamment ses photos prises en Ukraine entre 2001 et 2017. C’est à l’Arche du Photojournalisme à la Défense, elle porte le titre « Pour Mémoire » et elle est visible jusqu'au 13 mai 2018.

En allant à Tchernobyl, il y a plusieurs choses que j'ai ressenties. Ces choses du quotidien qui deviennent extraordinaires ; à Tchernobyl, on a peur de l'air, on a peur de l'eau, on a peur du temps qui passe... En même temps, on est comme un papillon attiré par la lumière : on a peur et on est attiré, c'est comme une sorte de refuge, c'est un autre monde.

C'est Tchernobyl qui a provoqué ces questionnements sur l'image et mon parcours. Je me suis dit je fais de la photo pour réfléchir et donner à réfléchir. J'ai fait des découvertes par rapport à moi-même. On ne sait pas ce qu'on cherche, ce qu'on veut raconter, et à la fin, ça devient évident, ça arrive.

Quand j'étais jeune photographe, je ne voyais la photographie qu'en noir et blanc, mais je crois que c'est Tchernobyl qui m'a fait réaliser que le noir et blanc créé une distance entre le spectateur et l'objet photographique. J'ai choisi la couleur pour enlever cette distance. Et je pense que chaque époque a une couleur. Alors, pourquoi se priver de cette information ? 

Programmation musicale :

  • Melanie de Biasio, I feel you
  • Générique de fin, Limousine, Limousine

Lien vers le site de l’Arche avec dates de fermeture cette semaine 

Lien vers le site de Guillaume Herbaut 

La zone, Tchernobyl
La zone, Tchernobyl Crédits : Guillaume Herbaut
Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......