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Hubert Colas

Hubert Colas : "La plus belle littérature, c'est quand le corps s'évade"

59 min
À retrouver dans l'émission

Hubert Colas met en scène des textes de Mathieu Riboulet,dont "Nous campons sur les rives", au théâtre Nanterre-Amandiers, jusqu'au 9 février 2020. Il nous parle de l'importance de l'écoute, aussi bien de celle du comédien que de celle du spectateur, d'oralité et de corps multiples à révéler.

Hubert Colas
Hubert Colas Crédits : Marc-Antoine Serra

Sans tapage, les livres de Mathieu Riboulet font leur chemin dans l’esprit du lecteur, créant au fil du temps une constellation de fidèles. C’est ainsi que le metteur en scène Hubert Colas et le comédien Frédéric Leidgens ont découvert qu’ils partageaient un même intérêt pour l’œuvre de Mathieu Riboulet, et ensemble, ils ont eu envie de faire entendre Nous campons sur les rives

"Nous campons sur les rives", mise en scène Hubert Colas, au théâtre Nanterre-Amandiers, jusqu'au 9 février 2020.
"Nous campons sur les rives", mise en scène Hubert Colas, au théâtre Nanterre-Amandiers, jusqu'au 9 février 2020. Crédits : Hervé Bellamy

Extraits de l'entretien

Il était important pour nous de faire entendre deux aspects de la littérature de Mathieu Riboulet. "Nous campons sur les rives " a un aspect politique, dans le sens existentiel, alors que "Lisières du corps" a quelque chose de l'ordre de la vie, du multiple, des corps : on pourrait dire que sa façon d'aborder le corps est de l'ordre de l'écrit. Il a une façon de pétrir l'écriture comme il pétri les corps.

Dans les écritures que j'ai toujours montées, à un moment donné, quand je les parcours, il y a toujours un corps qui apparaît. En fait, c'est toujours la présence du corps de l'auteur que je sens. En tant que lecteur, j'ai affaire à une présence, qui fait résonner des présences qui sont en moi, et qu'à partir de là, un corps se constitue. C'est à la fois le corps de l'auteur, mais aussi celui du lecteur. Dans le cadre du théâtre, on pourrait même dire que ce serait le corps du spectateur et le corps de l'acteur qui se rencontrent dans une forme d'oralité et de spatialité de l'écriture.

Avec les acteurs, ce que j'essaie de faire apparaître c'est le corps du texte. Il n'y a pas de recette, juste une question d'écoute extrêmement forte à avoir avec le comédien : écouter comment, à un moment donné, les mots résonnent chez lui dans une non-connaissance de l'écriture. Il n'y a pas une volonté de sens, seulement une volonté d'apparition, comme si il y avait un partage extrêmement important de l'oralité : quand les acteurs nous parlent, ils nous écoutent, la perception du langage se fait par l'écoute du spectateur.

Il y a une soif de curiosité qu'il faut amener au théâtre. Il faut accepter de voir ce qu'on ne connaît pas, que l'on n'a peut-être jamais entendu comme ça. Il faut accepter aussi de ne pas comprendre ce que l'on voit. Si on veut ouvrir notre esprit, et être chercheur à travers soi-même et à travers les autres, il faut entendre ce que l'on ne comprend pas, et partir avec ce que l'on n'a pas encore compris. Pour moi, c'est ce qui donne encore une vraie légitimité d'exister au théâtre.  

Archives

Mathieu Riboulet, émission "Hors champs", France Culture, 2014

Valérie Dreville, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2018

Judith Butler, émission "Matières à penser", France Culture, 2018

Références musicales 

Lou Reed, Perfect day

John Parish, Le passé devant nous

Prise de son

Jean-Louis Deloncle

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

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