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Jean Echenoz

Jean Echenoz : "Ecrire, c'est toujours comme commencer un premier livre"

58 min
À retrouver dans l'émission

Une exposition lui est consacrée à la BPI du Centre Pompidou, jusqu’au 5 mars 2018 : "Jean Echenoz, Roman, Rotor, Stator". L’univers de l’écrivain y est représenté à travers un ensemble d'archives ; tapuscrits, manuscrits originaux, carnets de notes, réflexions sur l’écriture, photographies, etc.

Jean Echenoz
Jean Echenoz Crédits : Ulf Andersen - AFP

La moquette recouverte de chips, la queue aux distributeurs de boissons chaudes, un nuage de fumée de cigarettes au balcon, quelques dragues secrètes près des escalators, et les habitués des écrans au chaud, voilà ce que l'on traverse et rencontre avant d'atterrir dans cet entrelacs de cercles aux allures de moteurs et qui livre inspirations, récurrences, techniques, jeux de l'oeuvre de l'écrivain. Un continent, avec ses logiques et ses courants contraires. Bien sûr, la machine semblant mettre à jour ses rouages ne s'en cache que mieux, car que montre-t-on de l'acte d'écrire, au fond ? Voilà plus de quarante ans et dix-sept romans que Jean Echenoz fabrique des  machines littéraires, machines publiées en français, aux éditions de Minuit, et dans de très nombreuses autres langues dont l'exposition à la BPI du Centre Pompidou, à Paris, montre certains exemplaires. Jean Echenoz, Roman, Rotor, Stator, c'est le titre de cette exposition, visible jusqu'au 5 mars 2018.
 

J'ai toujours trouvé un peu ridicule de donner ses vieux papiers mais, je ne saurais expliquer pourquoi, je ne voulais pas les jeter. A l'occasion d'un déménagement et une proposition venue de tout donner, les faire sortir de chez moi, c'était mieux que de les jeter à la poubelle... 

Pour mes premiers livres, je m'étais donné des espèces de cadres. Après cette série, je me suis senti plus libre de mon temps. C'était pas mal de sortir de ces contraintes, qui n'en étaient pas vraiment. Je me sentais plus ouvert, moins intimidé par la forme. 

Je pars plutôt sur des lieux, des pays, des paysages, sur une activité professionnelle, et je me mets à chercher. Ça fait partie des moments plutôt heureux, c'est très concret. A partir de l'idée qu'on a eue, on se met en chasse ; des éléments d'architecture, des sons, des couleurs..., on vole, on détourne, et on accommode des choses très très hétéroclites.

Quelle que soit la construction d'un livre, la chose qui compte vraiment, c'est le son, les rythmes, les vraies fausses notes, comme dans une musique de Thelonious Monk.

Programmation musicale :

  • Thelonious Monk, Remember
  • Serge Gainsbourg et Catherine Deneuve, Dieu est un fumeur de havane
  • Générique de fin. Leila Martial et Valetin Ceccaldi, Left alone 

A noter. Evénements autour de l'exposition à la BPI

Lundi 18 Décembre à 19 h, une rencontre publique entre Jean Echenoz et son traducteur italien et ami, Giorgio Pinotti, autour de la traduction de l’œuvre de l’auteur dans le monde (Petite salle, Centre Pompidou).

Jeudis 11, 18 et 25 janvier 2018, des lectures par les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique (CNSAD), à 18h. Sous la direction du comédien et metteur en scène Robin Renucci, les élèves de la promotion 2017 du CNSAD viendront donner trois lectures des romans Lac, Courir et Envoyée spéciale, au cœur de l’espace d’exposition. 

Vendredi 26 janvier 2018, après-midi d'étude autour de Jean Echenoz  ( dès 14h. Petite Salle, Centre Pompido

*Plus d'information sur le site de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, pour toutes les programmations associées à l'exposition.

(1ère diffusion le 13/12/2017)

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