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Jean Hatzfeld

Jean Hatzfeld: " Le geste sportif peut être poétique"

58 min
À retrouver dans l'émission

Son livre Deux mètres dix paraît aux éditions Gallimard. Il y raconte l’univers du sport de haut niveau au temps de la guerre froide, à travers l’histoire de quatre sportifs, deux Américains et deux Kirghizes.

Jean Hatzfeld
Jean Hatzfeld Crédits : @Francesca Mantovani/Gallimard

Est-ce que d’avoir pu vriller à deux mètres au-dessus du sol, rend les dégringolades de l’âme plus difficiles. Dans son mobile home mal ordonné, Susan ancienne athlète de haut niveau, contemple ses jambes bronzées au réveil comme des îlots de résistance et de beauté. C’est ici que la rencontrons dans le dernier roman de Jean Hatzfeld. 

Après les temporalités et les géographies ne cesseront de se mêler dans les pages, comme les cris de la foule dans un stade de jeux olympiques, guerre froide Moscou 1980, Los Angeles 1984, guerre du Vietnam, Kaboul, Kirghizistan, les corps des sportifs, hommes ou femmes, n’évoluent ni en dehors du monde ni en dehors de l’histoire, de la politique, ils en sont parfois les instruments du spectacle. Ces corps vous les regardez depuis la sublime précision du geste et de l’exploit sportif jusqu’au calme et l’anonymat du vieillissement ou de la disparition.

A l’époque j’ai proposé au patron de Libération, Serge July, de tenter d’emmener par la main les lecteurs méfiants et un peu hostiles dans un univers qui vaut le coup. C’est monde très riche le monde du sport.

C’est un roman sur le corps vieillissant. Le vieillissement est plus spectaculaire chez les sportifs  parce qu’on mesure leurs capacités, pour eux c’est palpable et pour un athlète la sanction est immédiate, il n’est plus sélectionné.

Tout était politique à l’époque même un geste sportif, et c’était très symbolique de la guerre froide. A travers le saut de Fosbury, un geste sportif un peu incongru est apparu aux yeux du monde de manière surprenante. Souvent les gestes sportifs sont inventés de façon bizarre, c’est presque le hasard parfois et ça m’a toujours passionné.

Au départ dans mon livre il n’y avait que deux sauteuses. Puis j’ai voulu un drame et ce drame ne pouvait venir que d’un autre athlète et j’ai choisi un haltérophile. Je n’avais pas imaginé que des corps si lourds puissent être si fragiles.

Le plaisir du geste sportif et celui du paysage c’est le moteur, l’occasion d’écrire ce qui vous émeut.

Extrait

Reportage Fosbury 21/10/1968

Références musicales

Chant traditionnel du Kirghizistan " bolouche"

Nicolas Repac, Genas de Gaby

Bibliographie

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