LE DIRECT
Etienne Chaillou et Mathias Théry

Etienne Chaillou et Mathias Théry : "Dans ce film, le texte est un objet de négociations"

58 min
À retrouver dans l'émission

Après "La sociologue et l'ourson", les deux réalisateurs sont de retour en salles avec "La cravate", leur nouveau documentaire, dans lequel ils suivent le parcours d'un jeune militant du FN, entre espoirs et désillusions.

Etienne Chaillou et Mathias Théry
Etienne Chaillou et Mathias Théry Crédits : Nour Films

Le documentaire d'Etienne Chaillou et Mathias Théry La cravate retrace le parcours de Bastien, qui, à vingt ans, milite depuis cinq ans dans le principal parti d’extrême-droite. Au début de la campagne présidentielle, son supérieur l'invite à s'engager davantage encore. Il apprend à endosser le costume des politiciens et se prend à rêver d'une carrière politique. 

Extraits de l'entretien

Notre point de départ a été l'élection de Trump, soudaine et inattendue a priori, parce qu'on était dans une ambiance, dans laquelle on se disait qu'il était impossible qu'un clown pareil arrive au pouvoir. Il y avait en toile de fond une remise en question des journalistes américains, qui se disaient qu'ils n'avaient pas vu venir cette lame de fond. Notre projet a commencé à ce moment-là, on s'est dit qu'il fallait enquêter dans les zones où le Front National est dominant.

On avait conscience d'avoir en nous des préjugés, mais on s'est dit que peut-être, la posture du peintre ou de l'écrivain, pourrait nous aider. On a beaucoup parlé de peinture en faisant le film, et on a essayé pendant un temps de mettre de côté nos idées politiques, pour tenter de faire le portrait d'un homme, d'un univers et d'une époque. Nous avons pensé que, si nous étions assez complets et profonds dans l'épaisseur de ce portrait, nous pourrions peut-être avoir un point de vue qui dépasse nos a priori.

Le film n'était pas écrit à l'avance, il s'est écrit au fur et à mesure du tournage. On a noté des choses, fait des entretiens avec Bastien. Ensuite l'écriture du texte a pris un long moment après le tournage sur le terrain, et on a continué à approfondir notre compréhension de ce qu'on avait sous les yeux. L'idée n'était pas d'avoir un prêt à penser, mais de proposer au spectateur une plongée, dans laquelle il ferait un peu le même chemin que nous. 

En faisant appel à la littérature dans le film, on a compris que l'écrivain pouvait se placer à différentes distances de son personnage : parfois très en retrait, parfois complètement dans sa tête, et parfois avec de l'ironie. Cette variation de distances est en fait à l'image de notre relation, et permet de comprendre la difficulté de l'exercice, et ce qui se joue à l'écran. Tout l'exercice consiste à essayer de se rapprocher d'une forme de vérité. Dans ce film, le texte est un médiateur entre nous, un objet de négociations. 

Archives

Claire Simon, émission "Les masterclasses", France Culture, 2019

Lukas Barfuss, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2018

Jean-Louis Comolli, émission "Tam tam, etc…", France Inter, 2004

Références musicales

Les Vilars, Celle qu'ils n'auront pas

Philippe Katerine, Le 20-04-2005

Prise de son

Alain Joubert

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......