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Josef Nadj dans son spectacle "Mnémosyne", au 104 à Paris (2019)

Josef Nadj: " Je suis habité par quelque chose qui me pousse vers ces endroits, vers la scène"

58 min
À retrouver dans l'émission

Pour son projet photographique et performatif intitulé « Mnémosyne », au 104 à Paris jusqu’au 21 avril, il est question d'une performance physique, d'écriture comparable à une énergie et d’une multitude de petites sources d’idées nécessaires à ses recherches.

Josef Nadj dans son spectacle "Mnémosyne", au 104 à Paris (2019)
Josef Nadj dans son spectacle "Mnémosyne", au 104 à Paris (2019) Crédits : @Josef Nadj

Trente ans après la création de sa première pièce, il nous offre une œuvre globale, associant projet photographique et performance scénique. Tout au long de son parcours, l’artiste forme aux Beaux-Arts de Budapest n’a jamais cessé de photographier. En se réappropriant cette pratique menée en parallèle, Josef Nadj puise dans sa propre mémoire pour élargir, une nouvelle fois, son horizon créatif. Virage artistique ou retour aux sources ? Pour « Mnémosyne », il a conçu une vaste exposition photographique, un véritable écrin constellé d’images, au sein duquel il se met en scène - entre jeu, danse et performance - au plus près de son public.

Exposition "Mnémosyne" au 104 à Paris
Exposition "Mnémosyne" au 104 à Paris Crédits : @Josef Nadj

La boîte noire représente pour moi à la fois un appareil photo, donc une chambre photographique, et une scène, avec un public et moi-même. J’ai voulu créer une intimité avec le propos, j’ai recherché une ambiance spécifique que je pouvais obtenir grâce à une boîte fabriquée exprès pour ce projet. Mon propos était de parler à un petit nombre de personnes et pas à une foule. C’est une sorte de recherche de précision, de proximité qui permet de montrer les plus petits détails. Parallèlement, je montre une série de photographies où les détails sont également très importants. 

Pour moi, chaque pièce est une sorte de rituel, de cérémonie, et cette fois-ci, avec cette proximité avec le public il y a une sorte d’évidence de l’énergie. En tant qu’interprète de cette pièce, j’insiste sur cette évidence qu’une performance se fait à travers un acte physique, et avec cette petite boîte, je fais en sorte que quelques spectateurs puissent ressentir l’écriture de l’énergie. Avec très peu de mouvements on fait vibrer l’espace, tout est calculé pour que je puisse servir les 24 personnes qui regardent.

Ce spectacle c’est une petite tentative de faire une sorte d’autoportrait, de montrer la façon dont je fais mes recherches. Je suis revenu à un solo pour essayer d’y voir un peu plus clair. J’essaie aussi de travailler sur la notion du temps, de trouver quel est le temps minimum nécessaire pour « dire », et je suis arrivé à une durée de 20 minutes, avec l’idée que dans un laps de temps réduit, on peut donner l’impression que le temps est très ouvert et que l’on peut perdre la notion du temps.

A travers le sport et des techniques de danse, je suis arrivé au sentiment que je pouvais chercher les couleurs des propres gestes qui m’habitent. Un mouvement dans l’espace c’est de la danse, donc oui, je fais de la danse, même si je danse très peu : c’est une recherche de dramaturgie avec une approche musicale. Pour moi, la danse c’est l’expression de la musique pure.

L’idée de base c’est de se demander ce que c’est que de faire une photo et qu’est-ce qu’elle représente ? La proposition est très simple : avec quelques accessoires, quelques mouvements, on peut réfléchir ensemble à ce qu’une image du présent contient du passé, et quelles sont les relations possibles, les fuites possibles. Dans l’acte très simple que je propose depuis quelques mois, il y a des milliers de questions qui surgissent, et je commence à peine à les formuler.

Exposition "Mnémosyne" de Josef Nadj, au 104 à Paris
Exposition "Mnémosyne" de Josef Nadj, au 104 à Paris Crédits : @Josef Nadj

Archives

Françoise Graziani, émission « Surpris par la nuit », France Culture, 2007

Maguy Marin, émission « Figure libre », RFI, 2003

Jean-Claude Ameisen, émission « A voix nue », France Culture, 2018

Vladimir Jankélévitch, ORTF, 1971

Référence musicales

Extraits du spectacle "Mnémosyne" de Josef Nadj

Vladimir Tarasov, "Dernier paysage"

Csik Zenekar, "Dark union"

Prise de son

Marie Lepeintre

Intervenants

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