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Arnaud CATHRINE, 2019. Photo : Francesca Mantovani, éditions Gallimard

Arnaud Cathrine : "J'essaie de cultiver cette attention à l’infiniment petit qui révèle l’infiniment profond"

58 min
À retrouver dans l'émission

Parce qu'on ne saurait distinguer ce qui appartient au réel ou à l'imaginaire dans son dernier roman, l'auteur raconte ici comment il se fait tantôt scripte du réel, tantôt pur créateur de fiction. Et ce, au sujet de ses personnages mais aussi de lui-même.

Arnaud CATHRINE, 2019. Photo : Francesca Mantovani, éditions Gallimard
Arnaud CATHRINE, 2019. Photo : Francesca Mantovani, éditions Gallimard

« Je passe mon temps à voler des gens. Dans le métro, dans la rue, au café, sur la plage. Ce peut être une femme, un homme, un adolescent, une enfant, un couple... J'ai toujours un carnet et un stylo sur moi. Je tente de les deviner, aucun ne doit me rester étranger, je veux les garder, je finis par les inventer, ce que je nomme voler. »

Auteur de littérature générale et jeunesse, Arnaud Cathrine publie son dernier livre chez Verticales dont le titre J’entends des regards que je croyais muets est emprunté à Racine.Arnaud Cathrine aime ouvrir le champ d'exploration de l'écriture. Ainsi, il a adapté certains de ses ouvrages pour le cinéma et la télévision avec Eric Caravaca. L'auteur se considère également comme interprète, régulièrement il chante, joue et lit sur scène. 

Il accompagne d'ailleurs la parution de J’entends des regards que je croyais muets sur scène dans une version à voix haute et en musique. Le musicien et vidéaste Mathieu Baillot a composé la bande originale du livre. Il a également filmé la ville, les trains, les cafés, les lieux où Arnaud Cathrine a tenu les carnets qui font la matière des récits. Cette lecture-performance sera présentée à Arcachon le 15 juin.

Certains visages, profils, silhouettes, me restaient nécessairement opaques. Comme quand on regarde de nuit une fenêtre allumée et qu’on s’imagine l’existence qu’il y a derrière. Bien sûr, on ne va pas ouvrir la fenêtre ou briser la vitre, donc ça reste opaque, et là, l’imaginaire arrive. Ça devient des personnages de fiction, des projections de soi, de ses fantasmes, de ses trouilles. Et puis parfois je n’ai rien eu à faire. Parfois le réel m’envoyait des choses tellement romanesque que j’étais juste scripte du réel. Et parfois je mets en scène combien le réel déjoue mon imagination. 

Ce qui m’intéresse profondément ce n’est pas l’autoportrait, c’est la fable. C’est cette chose qui peut nous relier et qui peut induire que des choses nous relient. C’est l’identification de la lectrice et du lecteur, comme moi-même je m’identifie à mes cibles, à mes sujets. J’aime l’idée d’être très sincèrement dans le livre, qu’il y ait de moi. Mais in fine l’autoportrait est quelque chose qui désarmerait trop ma pudeur et qui, je crois surtout dans le fond, ne m’intéresse pas tant que ça. J’ai bien assez à faire sur le divan et ça ne regarde que moi. 

Parfois je suis embarrassé avec ce que je fais, notamment dans ce livre. Mais j’aime ces embarras, tant pis. Ce livre vient après des années et des années où j’ai pratiqué la fiction par ce que ça m’arrangeait bien, parce que j’étais gêné de kidnapper certaines vies, de me kidnapper moi-même, de m’apporter en place publique, parce qu’un livre est une place publique. Je n’étais pas à l’aise avec cette idée mais là, j’ai cherché jusqu’où aller trop loin. 

Le désir qui s’incarne dans l’amour et dans l’érotisme, c’est ça qui fait de l’écriture. C’est-à-dire que tantôt ça va dans nos amours, tantôt ça fait de l’écriture. D’ailleurs, je pense que c’est la même charge exaltante qui se joue. C’est une sève qui monte en nous et qui s’exprime soit par la sublimation de l’acte artistique, soit par le sublime ou moins sublime acte amoureux ou sexuel.

Sons diffusés : 

Musiques : 

  • Une nuit sur son épaule de Véronique Sanson
  • Brain de Diagrams  
  • Oh ma douce moitié d’Alice Lewis 

Archives :

A la prise de son : Valerie Lavalar 

Extraits du livre d’Arnaud Cathrine lus par : Romain de Becdelièvre

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