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Théâtre Saint Gervais, Genève, mai 2017

Karim Bel Kacem: "J’ai le souvenir d’avoir, tous les deux-trois ans, assisté à des émeutes depuis ma fenêtre et j’en ai fait dans ce spectacle un élément visuel de mon quartier”

58 min
À retrouver dans l'émission

L'auteur et metteur en scène signe les textes et la mise en scène de « 23 Rue Couperin », présenté du 15 au 19 mai, au Théâtre de l’Athénée. La pièce est une introspection dans les barres d’immeuble de son enfance, dont trois seront détruites en 2019.

Théâtre Saint Gervais, Genève, mai 2017
Théâtre Saint Gervais, Genève, mai 2017 Crédits : Isabelle Meisler

Le pigeon, comme celui dont on dit qu'il est idiot,  ne voit pas de hiérarchie entre un extrait de journal télévisé, la voix d'un homme qui souffre de vivre, des formules de communications politiques, un autoradio jouant une musique dansante. Il entend. Tout cela vient à lui. Le pigeon met les paroles à égalité des autres roucoulements. Dans le quartier du Pigeonnier au nord d'Amiens, on n'a pas totalement détruit les habitats des oiseaux pour ériger les habitats des hommes, on a imaginé qu'ils puissent vivre ensemble. Tout comme on a imaginé donner des noms de grands compositeurs aux tours qui composent ces cités. Sur le papier, c'est beau comme une chanson de Pierre Perret. Dans le réel, ça pique. Demandons au pigeon de voyager dans les tours, et de nous restituer avec l'oreille sublime de l'idiot, ce que l'on peine à entendre de ces endroits des banlieues françaises. La dernière création de Karim Belkacem est un mélange d'arts visuels, sonores, de concert, et d'un solo bouleversant porté par Fahmi Guerbaâ. On pourra voir 23 rue Couperin du 15 au 19 mai prochains au Théâtre de l'Athénée à Paris. 

Un peu après le 13 novembre 2015, la Une de Libération représentait dix visages de jeunes garçons d’une vingtaine d’années et je me rappelle m’être dit que ces gars me ressemblaient beaucoup, à moi-même et à mes copains d’enfance.

Je pense qu’il ne pourrait plus y avoir d’émeutes dans mon quartier. La répétition s’est arrêtée. Je dis ça sans être provocateur, je crois qu’il y avait quelque chose dans les émeutes qui était assez salvateur finalement. Aujourd’hui, l’absence de la possibilité de l’émeute dans mon quartier m’a vraiment marquée.

C’est vrai que finalement, ce que j’ai gardé,  c’est des gens qui affirment des choses, beaucoup. Et quand toute cette énergie, tout ce désarroi traversent un même être, c’est comme un fil qui recevrait une décharge électrique et qui au bout d’un moment s’affaiblit et se fragilise.

Evidemment, tous les gens issus de mon quartier qui ont trente ans maintenant n’ont pas tous pris de la brown ou fini dans un hôpital psychiatrique.  Beaucoup s’en sont sortis. Mais un certain nombre de personnes ont été totalement sacrifiées par ce système-là et c’est de ces personnes sacrifiées dont je voulais parler.

Très tôt, j’ai commencé à regarder d’où venait chaque [djihadiste], quelle était la vie de chacun. Le fait qu’il ait passé trois mois en Syrie, ça ne veut rien dire de sa vie, par rapport au fait qu’il ait passé trente-trois ans de sa vie dans un autre endroit. C’est quand même plus éloquent.

  • Coleen, Moonlight Sky 
  • Bonobo, Animals
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