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Edouard Baer et Christophe Meynet dans la pièce "Les élucubrations d'un homme soudain touché par la grâce"

Edouard Baer : "Le théâtre, c’est une façon de casser l’horizontalité dramatique de la vie"

59 min
À retrouver dans l'émission

Pour son spectacle « Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce » au théâtre Antoine à Paris, le comédien nous parle de son plaisir de jouer pour emmener les gens ailleurs, de son rapport à la voix et à ce qu'elle peut provoquer, et de son désir incessant de créer des moments uniques.

Edouard Baer et Christophe Meynet dans la pièce "Les élucubrations d'un homme soudain touché par la grâce"
Edouard Baer et Christophe Meynet dans la pièce "Les élucubrations d'un homme soudain touché par la grâce" Crédits : @Pascal Chantier

La pièce met en scène un homme qui se retrouve soudain propulsé dans une salle de théâtre. Est-ce une erreur d'aiguillage? Dans ce moment suspendu où tout peut basculer, il se met à imaginer d'autres vies, d'autres destins, se rêve en Casanova, Bukowski, Thomas Bernhard, Romain Gary…

Edouard Baer dans la pièce "Les élucubrations d'un homme soudain touché par la grâce"
Edouard Baer dans la pièce "Les élucubrations d'un homme soudain touché par la grâce" Crédits : @Pascal Chantier

Je n’aime pas tellement l’utilisation de la vidéo, des images au théâtre, alors que faire entrer des voix sur scène, ça crée quelque chose. Dans le spectacle, à un moment on entend des voix, celles de Pierre Brasseur de Jean-Louis Trintignant, de Jean Rochefort : j’imite, j’évoque des gens qui me font ou m’ont fait rêver. J’aime cette génération de comédiens qui étaient à la fois aériens et hors norme, j’aime bien les personnages démesurés.

C’est un spectacle sur la prise de parole. Pourquoi prend-on la parole ? Pourquoi certaines personnes parlent et d’autres écoutent ? Parfois ce sont les mêmes personnes qui passent de l’un à l’autre, et parfois non. Parfois, ceux qui parlent ne sont pas ceux qui écoutent et parfois, il y a ceux qui s’écoutent parler. J’ai choisi ce titre parce que le mot « élucubrer », je n’en connaissais pas vraiment le sens et ça m’allait, la sonorité était formidable. Et j’ai choisi le mot « grâce », parce que c’est ce dont on rêve tous quand on monte sur scène. C’est une peur et un espoir qu’on a chaque soir. 

C’est une pièce sur le courage et beaucoup sur la lâcheté, sur l’abandon de poste, puisque mon personnage s’enfuit. Il vit chaque engagement comme une bataille, et je crois que dans la vie il y a des engagements, et qu’on peut mettre du combat partout. Le fait de fuir quelque chose, c’est aussi apprendre autre chose. 

Depuis que j’ai commencé le spectacle, je suis angoissé quand je ne suis pas au théâtre, parce que c’est un endroit où il y a une intensité incroyable, il faut oublier qu’il y a d’autres choses à côté pour le spectateur et pour soi. Ce qui me passionne c’est de créer des moments avec une réelle intensité, c’est pour ça que j’aime le théâtre, parce que c’est un moment où on est en train de créer, et tout est à recommencer le lendemain. 

Extraits

"Que la fête commence", film de Bertrand Tavernier, 1975

Jean Topart lit « Le funambule » de Jean Genet, France Culture, 1973

Barbara, Mon enfance, lecture par Marie Richeux

Archives

Jean Rochefort, émission « A voix nue », France Culture, 2012

Jean Renoir, RTF, 1954

Ariane Mnouchkine, émission « Avignon 69 », France Culture, 1969

Références musicales

Georges Brassens, Les passantes

Serge Reggiani, Le monsieur qui passe

Prise de son

Eric Boisset

(1ère diffusion le 1/05/2019)

Intervenants

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