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Keren Ann

Keren Ann : "Quand je compose, je suis mon capitaine"

1h01
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la sortie le 15 mars de son huitième album « Bleue» chez Polydor, la musicienne nous parle de l'authenticité de l'écriture musicale, de ses méthodes de composition matinales, et d'une guitare basse comme compagnon de sons.

Keren Ann
Keren Ann Crédits : @Bouchra Jarrar

C’est la mélancolie qui domine dans ce nouvel album, écrit entièrement en français, qu’elle a conçu et réalisé de bout en bout. Dans « Bleue », le vague à l’âme est fluide, apaisé. Keren Ann y raconte l’éphémère et comment l’amour se délite, dans un constat doux-amer d’une lucidité implacable.

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Dans « Bleue », il y a quelque chose qui est très lié à la femme auteur. Je me suis retrouvée plus proche de celles qui m’ont appris, que de celles qui m'ont inspirée. Elles avaient en commun le fait de pouvoir jongler entre pragmatisme et frénésie, euphorie et calme, elles avaient ce côté amniotique qui est, pour moi, très présent dans cet album.

La chanson est la forme d’expression dans laquelle je me retrouve la plus satisfaite. Et pour pouvoir l’être, j’ai besoin de faire une grande partie du trajet seule. Pour moi, le son, la forme, les textures et les profondeurs forment les petits détails qui sont un peu les diables de l’écriture. L’écriture c’est quelque chose de solitaire. Quand on a mon âge, on se lève tôt pour écrire, on voit le jour se lever, ça tourmente des choses en nous et ça nous donne envie d’écrire.  Et puis, il y a un moment où on choisit l’instrument qui va nous donner la progression harmonique, les notes, et la possibilité d’y mettre des mots. Ensuite, il y a le moment où on cherche les fréquences sonores et visuelles d’une chanson. Tout ça, ce sont des choses qu’on ne peut faire que seul.

Quand on choisit d’illustrer la mélancolie, ça veut dire qu’on arrive à dissocier et reconnaître les moments extrêmes de bonheur, et on l’illustre partout et tout le temps. Il y a des moments dans la vie où on est dans un état robotique, on marche et on ne voit rien, mais ça ne veut pas dire qu’on ne l’enregistre pas, et que notre corps ne s’en souvient pas quand on en a besoin comme d'un outil pour la raconter ensuite.

J’écrivais des chansons quand j’étais adolescente, c’était mon passe-temps, et c’est plus tard que je me suis mise à les chanter. Mon rêve, c’était d’écrire des chansons pour que les gens les chantent, mais j’ai compris qu’il y avait des chansons qui ne concernaient que mon instrument, qu’il n’y avait que ma voix qui pouvait les porter.

Etre sur scène, c’est pouvoir donner différentes versions des choses qu’on a déjà faites, car il y a beaucoup d’éléments différents qui entrent en jeu : notre état, l’interactivité avec les autres musiciens, la salle, la journée qu’on a passée, etc… J’aime la magie de la scène, son côté éphémère, et ce contraste avec le studio, où on a le temps de raconter la seule version enregistrée de certaines chansons.

Archive

Discours de Bob Dylan pour la remise de son prix Nobel de littérature en 2016

Extrait

"Quatre aventures de Reinette et Mirabelle : L’heure bleue", film d’Eric Rohmer (1987)

Références musicales

Keren Ann, Sous l’eau

Rickie Lee Jones, Easy money

Keren Ann, Mauvaise fortune

Keren Ann, Jours heureux

Intervenants
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