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"Les Misérables" de Ladj Ly

Ladj Ly : "Clichy-Montfermeil, c'est un studio à ciel ouvert"

58 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de son Prix du jury au festival de Cannes, nous vous proposons de rediffuser l'émission qui lui était consacrée pour la sortie son court-métrage "Les Misérables", en février 2018.

"Les Misérables" de Ladj Ly
"Les Misérables" de Ladj Ly Crédits : Les films du Worso

Tout le monde se surveille, mais le périmètre d'action des uns n'est pas toujours celui des autres. Une voiture de la Bac circule aux Bosquets, regard travelling à la recherche d'une interpellation. Des enfants pilotent un drone depuis le toit d'un immeuble, regard planant sur les barres perpendiculaires. Des adolescents guettent devant une entrée, regard tactique protégeant le trafic. Une mère ouvre la porte à des policiers zélés, regard outré devant l'abus de pouvoir. Un cinéaste écrit et filme une fiction sur l'endroit ou il a grandi, regard complexe sur la violence kaléidoscopique.  En 1862, Victor Hugo avait pour ambition de porter au plus profond son regard sur le peuple et il écrivait " Il y a un point où les infâmes et les infortunés se mêlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misérables, de qui est-ce la faute ?" C'était aussi à Montfermeil,. Comme quoi, l'histoire des lieux dépasse de loin les raccourcis médiatiques qu'on leur plaque. Le court-métrage de Ladj Ly, Les Misérables à été primé au festival de Clermont-Ferrand, et la question de l'image y est prépondérante.     

Montfermeil, c'est un endroit laissé à l'abandon par les pouvoirs publics, une sorte de ghetto avec une vraie misère sociale. J' habite dans ces quartiers depuis trente ans, je suis issu de là

Les Misérables, c'est ma première fiction. J'ai commencé comme acteur. Le point de départ du court-métrage, c'est que pendant plusieurs années, j'ai filmé des policiers à Montfermeil, jusqu'au jour où j'ai assisté à une bavure policière. J'ai diffusé ma vidéo sur Internet, et je me suis rendu compte à ce moment-là de l'impact des images. C'était une première en France que des policiers soient condamnés à cause d'une bavure.

C'est un point de vue de l'intérieur que j'essaie d'apporter. Moi j'y habite, je connais les gens. Les habitants ici n'ont plus confiance dans les médias. A moi, ils se confient.

Le fait d'être isolé, d'habiter ces quartiers avec des gens venus des quatre coins du monde, avec même des réfugiés politiques..., il y a facile trente à quarante nationalités différentes dans ma tour, avec des problèmes tous différents et on se retrouve tous dans ces mêmes quartiers avec quatre cents problèmes à régler... 

Rien n'a bougé en trente ans. Les politiques n'ont trouvé aucune solution.

Programmation musicale :

  • Les Beruriers Noirs, Salut à toi
  • Alain Péters, Mangé pour le coeur
  • Générique de fin : Perrine en Morceaux, 48H avant la révolution
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