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Umar Bin Hassan, Baba Donn Babatunde et Abiodun Oyewole : "The Last Poets" au Festival du Livre International d’Édimbourg en 2017

The Last Poets : "Il y a beaucoup de diamants noirs en Amérique"

1h
À retrouver dans l'émission

Ce soir Umar Bin Hassan et Abiodun Oyewole, deux membres du groupe "The Last Poets" nous parlent comme ils le feraient dans un de leurs poèmes : avec rythme, force et beauté.

Umar Bin Hassan, Baba Donn Babatunde et Abiodun Oyewole : "The Last Poets" au Festival du Livre International d’Édimbourg en 2017
Umar Bin Hassan, Baba Donn Babatunde et Abiodun Oyewole : "The Last Poets" au Festival du Livre International d’Édimbourg en 2017 Crédits : Roberto Ricciuti / Contributeur - Getty

Cette émission est co-animée par Marie Richeux et deux étudiants, Marwan et Miguel, et a été enregistrée dans le cadre de la semaine spéciale de France Culture consacrée à la semaine de la presse à l'école.

Après un long silence de 20 ans, The Last Poets sortent, en 2018, à l’occasion des 50 ans du groupe, un nouvel album intitulé Understand What Black Is, sous le label Studio Rockers.

Né à Harlem, le 19 mai 1968, en pleine ère Black Power et après l'assassinat de Martin Luther King, The Last Poets est devenu un groupe phare de l'époque, avec sa poésie urbaine déclamée sur des percussions africaines.

Les pionniers du rap ont aujourd'hui un flow plus posé, mais leurs textes rageurs n'ont en revanche rien perdu de leur intensité. Chacun y va de sa litanie en parlant de ses propres expériences de l'oppression et développant une soif fervente voire révolutionnaire de changement social.

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L’essentiel de ce qu’on connaissait, qui faisait partie de notre culture avant l’esclavage, a été effacé. Et tout ce que nous avions, c’était ce qui était inné d’un point de vue uniquement biologique, ce qui était en nous, on ne pouvait compter que là-dessus. La musique fait partie de nos vies. Même à l’époque où l’on ramassait le coton, on inventait des chansons. On parlait justement de ces chansons des plantations. On n’a jamais cessé d’être des gens musicaux. Pour nous la musique, c’est comme faire une prière. C’est notre force, notre pouvoir. […] Nous avons reçu en héritage une manière de communiquer avec notre peuple qui touche aux racines de notre peuple. Quand on en parle aujourd’hui, ça fait 50 ans qu’on porte ce flambeau-là. C’est incroyable parce qu’il y a toujours beaucoup d’amour, nous n’avons pas disparu avec la nuit. 

La poésie est quelque chose de si profond qu’il faut mûrir pour comprendre ce qui fait un poète. Et ça vient avec tout un tas de choses qui arrivent dans une vie. Je ne pense pas qu’on puisse réellement définir un chemin précis pour devenir poète. Je pense que la personne qui essaye de vivre sa vie et qui traverse différentes étapes de changement, doit trouver une manière de vivre malgré ces changements et la poésie est un moyen extrêmement intéressant de se parler à soi-même. Les poètes écrivent sur des leçons de vie, c’est une façon de montrer un exemple, un goût de ce que c’est de vivre et de traverser des conflits. 

Umar et moi on a eu de la chance parce qu’on a toujours rencontré des gens qui nous ont apporté ce soutien-là. Nos dieux, nos croyances et la puissance de cette vie, le respect que nous pouvons avoir aussi pour nos ancêtres. Je ne serais pas là sans mes grands-parents, sans tous ceux qui étaient là avant. Je tiens quelque chose d’eux que je vais à mon tour passer, transmettre. C’est une histoire incroyable et c’est vraiment l’histoire américaine la plus emblématique en même temps. Car l’Amérique a pris ces morceaux de charbon et a mis une pression incroyable sur eux, jusqu’à ce qu’ils n’aient plus d’autre choix que de mourir ou de se muer en diamant. Donc il y a beaucoup de diamants noirs en Amérique, à cause de cette pression qui a été mise sur nous, à laquelle on a été confrontés, rien que d’essayer de vivre en Amérique… On parle toujours du contexte racial, la race joue un rôle nous le savons, mais mon sentiment depuis quelque mois, c’est que l’Amérique souffre surtout d’une forme d’immaturité. Je pense que l’Amérique n’est qu’un enfant qui refuse de prendre ses responsabilités et de montrer de la considération pour ceux qui l’ont tant aimée. 

Traduction assurée par Marguerite Capelle et Xavier Combe

Sons diffusés : 

  • The Bridge, issu de l'album "Understand What Black Is" par The Last Poets, 2019
  • Black Is Chant, issu de l'album "This Is Madness" par The Last Poets, 1971
  • Générique de fin : Black Eye Blues par Gertrude 'Ma' Rainey, 1928

(1ère diffusion le 21/03/2019)

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