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Latifa Laâbissi

Latifa Laâbissi :" C'est vraiment l'hybridité qui m'intéresse"

1h
À retrouver dans l'émission

Nous recevons la danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi pour son spectacle « White Dog» présenté au Centre Pompidou, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, les 11 et 12 octobre, puis en tournée en France du 14 novembre au 3 mars 2020.

Latifa Laâbissi
Latifa Laâbissi Crédits : Caroline Ablain

Mêlant les genres, redéfinissant les formats, les créations de Latifa Laâbissi font entrer sur scène un hors-champ multiple où se découpent des figures et des voix. La mise en jeu de la voix et du visage comme véhicule d’états minoritaires devient indissociable de l’acte dansé. Les pièces de répertoire et ses trois dernières créations, WitchNoises, sur la figure de la sorcière, Consul et Meshie (2018) avec Antonia Baehr et White Dog (2019), tournent actuellement en France et à l’international.

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"White dog" de Latifa Laâbissi
"White dog" de Latifa Laâbissi Crédits : White dog/Nadia Lauro

Extraits de l'entretien

"Dans cette création il y avait cette idée de ne pas renoncer à une forme d’utopie, l’idée d’une communauté hybride, furtive, "lianée" et "enforestée" qui ne se résout pas à être assignée à une identité stable. Une communauté qui habite ce trouble, et qui n’a pas peur d’y plonger. Ne pas chercher à résoudre, rester dans le feuilleté de la complexité, c’est quelque chose qui file dans mon travail, même si c’est beaucoup plus confortable d’appartenir à un camp ou à un autre. J’aime beaucoup habiter le trouble, ce n’est pas une posture mais un rapport au monde."

"On n’a pas cherché à avoir un point d’origine mais au contraire se laisser traverser par des choses qu’on aurait vues, qui nous auraient contaminés et qui se seraient sédimentées. On a tous les jours accumulé des signes qui ont généré une longue danse dans la pièce qui dure presque vingt minutes. L’idée c’était de s’autoriser à mêler au sens propre et à faire circuler. S’il y a un état de lutte, c’est de ne pas se résoudre à une binarité, mais plutôt à chercher une troisième image."

"On était très content quand Nadia a proposé cette forêt électrique jaune fluo, et on s’est dit très vite qu’il fallait qu’on la potentialise avec des lianes, en tout cas avec un matériau qui nous permettait de faire des alliances entre nous, et qui nous offrait énormément de possibilités. Ces possibilités se sont multipliées et à partir de ce moment-là on s’est mis, au sens propre, au travail. La notion du travail au sens artisanal m’intéressait énormément : cette magie du faire et surtout, du faire ensemble. Pour moi, il y a un acte magique dans le transfert des inconscients, entre toutes ces personnes qui travaillent ensemble. D’un seul coup, ce transfert permet des choses, d’autant plus si on arrive à créer les conditions d’émergence à quelque chose qu’on avait pas du tout imaginée."

Archives

Romain Gary, émission « Inter actualités de 13H00 », France Inter, 1970

Melissa Laveaux, émission « Boomerang », France Inter, 2018

Bénédicte Savoye, émission « Imaginations », France Culture, 2018

Claude Viallat, émission « Surpris par la nuit », France Culture, 2003

Extrait

Les Maîtres fous, film de Jean Rouch, 1954

Références musicales

Mélissa Laveaux, Legba na konsole

Janne Westerlund, Ydianukio

Walk the dog, BOF Ghost dogs

Prise de son

Alain Joubert

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Intervenants

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