LE DIRECT
Lukas Bärfuss

Lukas Bärfuss : "Pour être un écrivain, il faut avoir du courage : jeter le cœur par la fenêtre et sauter"

58 min
À retrouver dans l'émission

L’écrivain et dramaturge suisse, francophone, publie "Hagard" aux éditions Zoé, traduit de l’allemand par Lionel Felchlin ; un homme se met à suivre une femme inconnue dans la rue et va vraisemblablement renoncer à une existence sérieuse et assurée, pour aller vers sa propre destruction.

Lukas Bärfuss
Lukas Bärfuss Crédits : Markus Scholz/DPA - AFP

Rares sont les torches vives. Rares sont les êtres brûlants. Que décide-t-il de brûler en lui, celui qui abandonne les derniers points de sa batterie de téléphone, les derniers liens avec le monde d’avant, pour suivre une femme inconnue, dans les rues, sur les quais, attendre une vision dans l’habitacle gelé d’une voiture ? Difficile à savoir. La fiction souffle le froid comme le chaud, et quiconque veut démêler les fils de la réalité s’emmêlera les pinceaux. Donc, c’est un risque à prendre. Lire est un risque à prendre. Aimer aussi. Et si, comme l’écrit Lukas Bärfuss, toute rencontre requiert une première entorse à la ligne que trace la bienséance autour de chacun, cela vaut aussi pour un texte. Son roman « Hagard » est publié aux éditions Zoé.

"Hagard", le mot n'est pas très courant en allemand. Étymologiquement, il vient de la fauconnerie et des oiseaux. C'est un très vieux mot qu'on trouve par exemple chez Shakespeare, il signifie ces oiseaux qu'on a capturés, il a aussi un lien avec les sorcières.... J'ai tout de suite aimé ce mot, ce titre. J'ai une faiblesse pour les dictionnaires, et quand je l'ai trouvé dans le Dictionnaire de la Chasse, c'était évident, même si le mot n'apparaît pas dans le livre.

Qu'est-ce que je fais avec l'histoire, avec les représentations ? Comment je fais pour sortir ces représentations de mon cerveau ? Je n'ai que ce système abstrait : la langue.

Ecrire, ce n'est jamais tout de suite. On a des images, des images tout à coup ; le vent du printemps qui joue avec les cheveux... Moi, j'ai toujours trouvé que le fait qu'on ne laisse pas d'intimité aux personnages, était un problème. On est des voyeurs, on les suit partout.  Ecrire, c'est toujours être en train de déchiffrer le monde. Ça ne s'arrête jamais. 

Je n'ai pas peur de ma peur, la peur c'est le signe que quelque chose est vivant. Les morts n'ont pas peur.

Programmation musicale :

  • Vendredi sur mer, La Femme à la peau bleue
  • Scout Niblett, Gun
Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Bibliographie

Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......