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"Le grand théâtre d'Oklahama", mise en scène de Madeleine Louarn et Jean-François Auguste

Madeleine Louarn et Jean-François Auguste : "On voulait recoudre du Kafka sur chacun des acteurs"

59 min
À retrouver dans l'émission

Pour leur mise en scène du « Grand théâtre d’Oklahama », avec les comédiens handicapés de l’atelier Catalyse. Les metteurs en scène évoquent le rôle du souffleur comme placebo, le choix des textes de Kafka pour révéler les marges, et leur volonté de proposer une autre approche de l'art théâtral.

"Le grand théâtre d'Oklahama", mise en scène de Madeleine Louarn et Jean-François Auguste
"Le grand théâtre d'Oklahama", mise en scène de Madeleine Louarn et Jean-François Auguste Crédits : @Christian Berthelot

Une plongée dans l’univers étrange, inquiétant et souvent énigmatique de Franz Kafka. On y voit comment le désir d’intégration nous désarme et laisse la voie libre aux mécanismes de domination. Dévoiler cet assujettissement est un des projets de Kafka qui a lui-même profondément ressenti le sentiment de l’exclusion. 

«Le grand théâtre d’Oklahama », avec l'atelier Catalyse
«Le grand théâtre d’Oklahama », avec l'atelier Catalyse Crédits : @Christian Berthelot

Quand on est devant un texte qui n’est pas un texte de théâtre, qu’est-ce qu’on restitue de l’expérience du lecteur ? Le narrateur était une bonne façon de retrouver la présence de Kafka et de garder l’origine du récit.

Avec les costumes, on avait la volonté de ne pas trop situer l’action dans le temps, c’était important pour nous, on voulait montrer un autre Kafka, beaucoup plus excentrique, avec une fantaisie extrêmement importante et des inventions assez géniales. On voulait restituer dans le corps des acteurs cette capacité imaginaire très puissante chez lui. De plus, les costumes permettent de mettre en lumière leur singularité corporelle, leur façon de se déplacer. 

Avec Kafka ce qui est magnifique, c’est qu’on ne sait pas où est la sortie mais on y va. Cette capacité à vivre, qu’on retrouve dans l’humour qu’il produit partout, c’est une chose importante pour les hommes et les femmes qui sont en situation de handicap. Dans les choses qui nous paraissent normales, Kafka va déceler les anomalies, ce qui ne va pas bien droit, et ça nous est très utile d’avoir des gens qui nous montrent que le monde n’est pas droit.

On choisit des textes en fonction des acteurs de Catalyse, quand on lit les textes, on les voit dedans, ils sont les premiers leviers de l’inspiration.

Ce qui me met en rage, c’est qu’on ne les considère pas comme des artistes à part entière, des êtres doués de grâce et d’inspiration. 

Pour eux, le fait d’être vu, eux qui sont si peu regardés, c’est un révélateur d’une intensité inédite. Le but est que l’ensemble de ce qui compose la grammaire théâtrale soit le plus déployé, avec la plus grande exigence et la plus grande ambition. L’idée, c’est de marquer le cœur, de faire se déplacer les gens et de faire entendre des choses jusque-là jamais entendues. Ils peuvent être porteurs de quelque chose qui peut marquer l’histoire de l’art théâtral, et c’est pour cela qu’on travaille. 

Archives

Marthe Robert, RTF, 1972

Valérie Dréville, émission « Une saison au théâtre », France Culture, 2018

Ludmila Hols, émission « Les après-midi de France Culture», France Culture, 1980

Référence musicale

Beirut, Light in the atoll 

Information complémentaire

Site du théâtre l'Entresort et de l'atelier Catalyse

Intervenants
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