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"Massacre des innocents" de Cornelisz Van Haarlem, 1590, Rijksmuseum, Amsterdam

Marc Biancarelli : "Les images d'humiliation dans l'Histoire sont des choses qui m'ont toujours heurté et poussé à écrire"

58 min
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Le romancier Marc Biancarelli sort son nouveau roman « Massacre des Innocents » inspiré par l’épisode historique du naufrage du Batavia en 1629. Il parait en janvier 2018 chez Actes Sud.

"Massacre des innocents" de Cornelisz Van Haarlem, 1590, Rijksmuseum, Amsterdam
"Massacre des innocents" de Cornelisz Van Haarlem, 1590, Rijksmuseum, Amsterdam Crédits : Fine Art Images / Heritage Images - Getty

« Des éclairs dans le ciel noir. Le fracas assourdissant du tonnerre. Une tempête qui mugit. Un navire à la limite de la rupture, balloté comme un couffin dans un perpétuel mouvement de roulis. Un pavillon déchiré aux couleurs des Provinces-Unis. C’est le Batavia, bateau de commerce à trois mâts, coque ventrue.»

Le 4 juin 1629, le Batavia, propriété de la Compagnie des Indes orientales, fait naufrage à côté de l’archipel des Abrolhos, dans l’océan Indien, au large de l’Australie. Une communauté de survivants s’organise sur ces terres désolées, et sous la coupe d’un ancien apothicaire qui voit là l’occasion d’exercer une tyrannie sanguinaire.

Le dernier roman de Marc Biancarelli Massacre des innocents ouvre à nouveau cette page sombre de l’histoire maritime et de la barbarie universelle. 

Il est publié aux éditions Actes Sud.

Quand j'ai commencé à écrire, inévitablement, c'est la peinture hollandaise du 17e siècle qui s'est imposée. Tout de suite, les peintres hollandais ont été des compagnons qui sont devenus des personnages du roman. A un tel point que les chapitres sont devenus des tableaux. Je me disais : j'ai besoin d'images, de quelque chose de pictural, de visuel. Et souvent je trouvais le tableau qui allait débloquer mon écriture.  La peinture pouvait être abordée comme la matière d'un roman.

Jeronymus Cornelisz a été abîmé par son destin. C’est un apothicaire qui a fait faillite. Il est fini ce personnage.  Il a une femme dévorée par la syphilis, un bébé malade. C'est un déchu. Reste à porter dans les coins reculés de la terre sa propre infamie. A un moment, se révèle à lui que son accomplissement se fera par le mal.

Je n'étais pas dans la dramaturgie permanente quand j'écrivais ce livre. Le mal m'est tombé dessus. J'aimais que Comelisz soit mon instrument et que je le fasse ridiculiser de temps en temps. J'aime bien faire confiner le dramatique et le burlesque. Il y a une gravité, un aspect sombre mais il a aussi une charge comique jusque dans son exécution. C'est un bouffon.

Dans le roman, il y  a une place énorme faite au supplice. Il y a une part de jubilation malsaine. Et pas seulement de la part de celui qui fait subir le supplice. Mais aussi chez les spectateurs. On se laisse emporter, happer par la violence de la vie. C'est une grande interrogation sur ce l'on est et ce que l'on vaut. Et est ce qu'on peut réparer le mal?

Programmation musicale :

  • The RZA, Samurai Showdown
  • Johnny Cash, God's gonna cut you down

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