LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Marc Ribot

Marc Ribot : "Ce que j’ai envie de faire, c’est de renverser la baraque"

58 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la sortie de son nouvel album « Songs of resistance : 1942-2018 » chez ANTI records, et de son concert le 8 février au POC d'Alfortville dans le cadre du festival « Sons d’Hiver ». Le musicien évoque l'importance de tirer des leçons du passé, et la nécessité de résister.

Marc Ribot
Marc Ribot Crédits : @Ebru Yildiz

Dans son dernier album « Songs of resistance : 1942-2018 » paru chez ANTI records, le guitariste américain, farouche militant anti-Trump, revisite 11 protest-songs qui ont rythmé les guerres européennes, le mouvement des droits civiques aux Etats Unis ou encore certaines révoltes mexicaines. L’album accueille de nombreux chanteurs invités dont Tom Waits, Steve Earle ou encore Meshell Ndegeocello. 

.
.

Je pense que c’est utile et précieux à la fois en musique et en politique de tirer des leçons du passé et de se souvenir que nous ne sommes pas seuls, que nous avons des amis dans d’autres endroits mais aussi dans d’autres époques. La plupart des chansons de cet album ont été écrites et recueillies à la fin de l’année 2016, à ce moment-là il y a eu cette impression qu’on était face à quelque chose de nouveau, quelque chose qu’on avait jamais eu l’occasion d’affronter, en tous cas, pas depuis la seconde guerre mondiale. Je pense qu’on est face à un véritable danger, une nouvelle forme de gouvernement autoritaire et anti-démocratique.

J’ai choisi ces chansons, car je voulais toucher à des choses qui m’émeuvent maintenant, j’ai donc pris dans le passé ce qui me semblait nécessaire aujourd’hui.

Il y a plein de manières différentes pour une œuvre d’art de résister, elle peut résister grâce au contenu des paroles, mais aussi grâce à son système de production.

Je ne pense pas qu’il faille regarder uniquement en nous, je pense qu’il faut regarder les forces historiques qui produisent un Trump. Ces extrêmes de richesse, de pouvoir, ont été produits par les échecs des mouvements syndicaux, ainsi que ceux d’autres forces d’équilibre qui existent normalement. Ce n’est pas tant la question de savoir comment les Trump de ce monde se sont enrichis, mais pourquoi on a été incapable de les en empêcher, comment les voies normales ont échoué.

Je souhaite une contre-culture, mais je constate que ce qu’on appelle les alternatives, sont définies par les mêmes forces que le reste du monde. En fait, la contre-culture a été avalée par le capitalisme. Par exemple, aujourd’hui, la plupart des labels indépendants sont distribués par de grands groupes.

J’adore jouer en live, ça me donne un grand sentiment de liberté. Ca a plus à voir avec le rituel, qu’avec l’idée d’une exécution parfaite d’une composition qui existe déjà. C’est un rituel qui m’embarque dans un endroit différent et qui fonctionne à condition que les gens présents dans la salle aient également cette expérience d’être transportés ailleurs : c’est une expérience collective.

Archives

Gilles Deleuze, conférence à la Fémis, 1987, source internet

Noami Klein, site Open Democracy, source internet

Dans La tête D'Alan Moore, Arte créative, 2017 

Références musicales

How to walk in freedom, extrait de l'album Songs of resistance: 1942-2018

Rata de dos patas, extrait de l'album Songs of resistance: 1942-2018

Marc Ribot et John Zorn, Fourth world

Marc Ribot, New sad, extrait de l'album Rootless Cosmopolitans

Marc Ribot, While my guitar gently weeps, extrait de l'album Rootless Cosmopolitans

Intervenants
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......