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Maison dans le quartier de San Francisco, Tanger 2015

Marco Barbon : "Notre être-même renvoie au monde qui nous entoure"

58 min
À retrouver dans l'émission

Photographe, il expose « The Interzone, Tanger 2013-2017 », un travail sur la ville, la temporalité ou aussi, cette zone frontalière entre la réalité et la fiction, à la Galerie Clémentine de La Féronnière (Paris 4e), dans le cadre de la 2e Biennale des photographes du monde arabe contemporain.

Maison dans le quartier de San Francisco, Tanger 2015
Maison dans le quartier de San Francisco, Tanger 2015 Crédits : Marco Barbon

"L'extraordinaire des villes, quand bien même elles seraient composites, fragmentaires, laissées à une sorte d'abandon, c'est qu'elles sont unanimement elles-mêmes, et cette ressemblance, qui n'est ni une essence ni une parure, mais une action, un mode d'exister, s'étend partout, de la nature morte à la vue panoramique, du moindre recoin à la vue ouverte au lointain, et elle soumet à sa loi, comme en douceur, aussi bien les intérieurs que les extérieurs - ce n'est pas un hasard si les termes qui viennent ici sont ceux du cinéma : intérieur, extérieur, le scénario est en cours on en suit les états, il n’y a rien de linéaire, aucune histoire ne nous est racontée, aucune voix off ne s’adresse à nous mais chaque fois, c’est comme si le corps de Tanger était touché en un point précis : comme si la photographie était une sorte d’acupuncture, une approche lente et patiente, toute entière tendue par la précision de son geste". Jean-Christophe Bailly, sur les images de Tanger de Marco Barbon (Extrait de la Postface à l'ouvrage publié parallèlement à l'exposition, The Interzone, éd. Clémentine de la Féronnière). -The Interzone , jusqu'au 12 novembre 2017, dans le cadre de la 2e Biennale de la photographie du monde arabe contemporain, à Paris.

L'approche de la ville est très lente, je découvre une ville, un endroit qui me fascine, je me promène, j'explore, et après, je commence à comprendre comment je vais l'aborder d'un point de vue photographique.

Borj Dar el baroud, Tanger2013
Borj Dar el baroud, Tanger2013 Crédits : Marco Barbon

J'ai assez vite compris que ce qui m'intéressait c'était des espaces vides ; j'ai exploré la ville à des moments de la journée où il y avait très peu de monde, le matin très tôt, ou le soir, parfois la nuit... Je voulais donner une image de la ville comme une espèce de scène de théâtre, donner au spectateur des occasions d' imaginer, de rêver, de fabuler, et pour cela, il fallait créer un espace d'absence, créer des images qui peuvent être habitées par des fictions, et qui ne disent pas trop...

Jeune fille à Marshan, Tanger 2015
Jeune fille à Marshan, Tanger 2015 Crédits : Marco Barbon

"Interzone", inspiré du manuscrit du Festin nu de William Burroughs, dit pour moi, plus qu'une zone, un moment de la journée entre la nuit et le jour, dit plutôt cette ligne de frontière, de croisement entre le sujet et le monde, le visible et l'invisible, le regard et ce qui est regardé... C'est le fil rouge de tout mon travail.

Il y a autant de visions d'une ville qu'il y a d'habitants.

Programmation musicale:

  • Mohamed Abdelwahad : Fantasia nahawend
  • Hanne Hukkelberg : Berlin
  • Claude Nougaro : Il y avait une ville
  • Générique de fin,Kaitlyn Aurelia Smith : Stratus
  • Azrie: Terre d’absence

Marco Barbon

Galerie Clementine de la Féronniere.fr/Photographes/Marco-Barbon

Bibliographie

The Interzone, Tanger 2013-2017

The Interzone, Tanger 2013-2017Marco BarbonClémentine de La Féronnière, 2017

Asmara

AsmaraMarco BarbonClémentine de La Féronnière, 2009

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