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Marcus Malte

Marcus Malte : "Dans l'écriture, c'est la forme qui m'amène au fond"

1h
À retrouver dans l'émission

Après "Le garçon", Le romancier revient avec un nouveau roman "Aires", publié chez Zulma, dans lequel il propose une traversée du pays, de ses autoroutes, et de ses aires d’autoroute, comme une métaphore de notre société.

Marcus Malte
Marcus Malte Crédits : Francesco Gattoni

Aires est un roman caustique, au style percutant et plein d'humour, dans lequel Marcus Malte montre les dérives et les absurdités de notre société, à travers des personnages dont les destins vont finir par se croiser.

Extraits de l'entretien

J'ai souvent l'habitude de dire qu'en réalité je n'écris que des romans d'amour. Même quand j'écris des romans dits "noirs", je pense que ce sont avant tout des romans d'amour. Mais qui dit amour, dit aussi manque d'amour, amour non partagé, ou amour qui finit mal. L'amour et les relations profondes entre les êtres humains, c'est ce qui m'intéresse le plus : ce qui se passe dans le cœur et dans l'esprit des gens est la matière première de tous les livres que j'écris. 

Dénoncer, c'est un mot qui ne me plaît pas, dans la mesure où je fais également partie de cette société, je fais les mêmes bêtises et je n'agis pas mieux : je ne pense pas avoir de leçons à donner à quiconque, et je suis moi-même pris dans le même bouillon. Mais, quand on se met dans la position de l'écrivain, on prend le temps de l'écriture et c'est important. Ecrire un roman prend plusieurs mois, voire plusieurs années, ce qui fait qu'on a une vue un peu plus globale et le temps de réfléchir et de peser ce que l'on va montrer. Quand on est pris dans le quotidien, on n'a pas la possibilité d'avoir ce recul, c'est comme quand on est sur l'autoroute: on fonce, de temps en temps, il y a une sortie qu'il faut essayer de ne pas rater, et à la fin on paie. Finalement, l'autoroute est une métaphore de l'existence. 

Beaucoup de mes personnages sont des doubles de moi, qui vivent des vies que je ne pourrai jamais vivre. J'aime beaucoup les personnages qui se déplacent, contrairement à moi qui suis sédentaire, la plupart du temps, un enraciné qui, à cinquante balais, habite quasiment à l'endroit où il est né. Ce que je n'ai pas le courage de faire, mes personnages le font à travers mes romans, et dans ce roman, l'autoroute était parfaite pour ça. C'est le lieu, où, par définition, les gens ne font que se croiser, et je trouve ça assez fascinant. Je croise beaucoup de gens, dont j'aimerai connaître la vie, mais dont je ne saurai jamais rien. Ma motivation dans l'écriture est d'essayer de mieux comprendre mes personnages, même si ce sont des fictions. Quand j'écris, J'ai l'impression qu'ils existent, et du coup, j'ai la possibilité de les connaître mieux : ils me touchent, j'ai de l'empathie pour eux, même s'ils sont de papier.  

Archives

Emission "Nuits magnétiques", France Culture, 1993

Noémie Lefèbvre, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2018

Jean Echenoz, émission "le bon plaisir", France Culture, 1993

Références musicales

Svarte Greiner, Final sleep

Julia Wolfe, Pour 9 cornemuses

Claus Tinto, Tout est vieux

Prise de son

Alain Joubert

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Bibliographie

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AiresMarcus MalteZulma, 2020

Intervenants

France Culture

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