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Hildegaard Von Bingen, dans "Vision"

Margarethe Von Trotta : "J'ai été actrice, je sais très bien comment on se sent nu par rapport à la caméra".

59 min
À retrouver dans l'émission

L’actrice, réalisatrice, invitée d’honneur du "Festival de films de Femmes" de Créteil, du 9 au 18 mars, signe deux films inédits : "Le long silence" sur le quotidien d’un magistrat et de sa femme face à la mafia, et "Vision", une évocation biographique de la Mère Abbesse, Hildegard Von Bingen.

Hildegaard Von Bingen, dans "Vision"
Hildegaard Von Bingen, dans "Vision" Crédits : Margarethe Von Trotta

" Depuis mon enfance jusqu'à présent, que j'ai soixante-dix ans, j'ai sans cesse dans mon esprit cette vision… En cet état, je vois dans mon âme de grandes merveilles qui me sont manifestées ; je ne les vois point des yeux du corps, ne les entends point de mes oreilles, ne les découvre par aucun de mes sens, pas même par les pensées de mon cœur, ni par des extases, car je n'en ai jamais eu, mais, les yeux ouverts et parfaitement éveillée, je les vois clairement, jour et nuit, au plus profond de mon âme." Ce sont les mots de Hildegard von Bingen qui a soufflé sur le XIIème siècle un vent de liberté de pensée et d'agir insensé. Ce vent traverse ses yeux qu'elle dit avoir grand ouverts et que la cinéaste porte à l'image dans son film VISION. Ce film inédit en France, sera projeté à l'occasion du Festival International de films de Femmes de Créteil.  Un autre film inédit, "Un long silence"sera aussi projeté au milieu d'un filmographie. Enfin, elle est à l'honneur de ce festival avec lequel elle entretient une longue histoire. A Créteil, du 9 au 18 mars 2018.    

Je fais des films sur des femmes, c'est vrai. Pour Rosa Luxemburg par exemple, c'est le producteur du film qui m'a demandé de continuer le projet car le réalisateur, Rainer Fassbinder, venait de mourir.  Rosa Luxemburg était  communiste, femme, juive, combattante. C'est pour moi la première femme juive assassinée. C'est à partir de là qu'a commencé notre histoire.

Parfois, c'est comme de l'écriture automatique, je m'y mets, et il y a des phrases qui viennent. J'ai lu pendant deux ans, j'ai essayé de lire toutes ses lettres, il y en avait près de deux mille cinq-cents. Aller jusqu'à Berlin Est, pour les lire. C'était dur, chaque fois. Il m'a fallu deux ans de travail, je ne voulais pas seulement lire les documents historiques : ma base c'est les lettres. J'ai lu cinq fois cette correspondance. Je voulais la regarder comme femme.

Pour Vision, avec Hildegard von Bingen, là aussi, il y a une correspondance qui existe. Elle se sentait comme une prophète acceptée, choisie par Dieu. Elle était une femme, donc elle n'avait pas le droit de lire. Dans les monastères en Allemagne, il n'y avait pas de livres. A travers son ami moine, qui lui était dévoué, elle pouvait lire. Elle était versée dans la médecine, elle n'était pas seulement compositrice, elle était visionnaire, elle soignait : c'était une femme ouverte aux savoirs.

Programmation musicale :

  • Barbara Sukowa, Mitternacht
  • Patty Smith, Tarkovsky, (The Second Stop is Jupiter)
  • Générique  de fin, Barbara Sukowa, I had a dream last night

Site du Festival International de Films de Femmes

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