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Maud Octallinn

Maud Octallinn : "Mon plus grand objectif dans la musique c’est de donner précisément ce que je ressens"

1h
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la sortie de son deuxième album « Sainte saucisse » chez Ratée productions, la musicienne évoque sa recherche de sincérité avec le don de soi que cela implique, ses envies musicales paradoxales et "saucisse", ce joli mot féminin qui permet tous les exercices de style.

Maud Octallinn
Maud Octallinn Crédits : @Jonathan Pierredon

Dans un album faussement potache, elle nous transporte dans des mélodies folk et nous invite au 3e degré.

Maus Octallinn chez le boucher
Maus Octallinn chez le boucher Crédits : @Jonathan Pierredon

J’aime les choses en mouvement, je pense que ça s’entend dans mon disque, ça bouge, on entend mes doigts qui claquent sur le piano, plein de petites choses comme ça, et on a décidé de ne pas les enlever, il y a plein d’erreurs sur ce disque, des choses un peu ratées, mais justement Ratée production adore ça.

Pour mes textes et pour la manière dont je chante, j’ai voulu quelque chose de spontané, de naturel. Il y a un peu de théâtralité dans ma façon de chanter, et cette musique un peu exagérée, qui bouge, qui est parfois instable, m’a aidée à donner plus de sincérité, et la sincérité, c’est ce que je vise absolument, même si c’est un concept un peu glissant. 

J’ai conscience de faire un truc compliqué à écouter. Ce n’est pas facile de ne pas pouvoir être référencé, notamment auprès des maisons de disque. C’est problématique aujourd’hui de faire des choses transversales. Nous, artistes émergents, pas encore connus, on ne peut pas faire ce qu’on veut, on ne peut pas tout mélanger parce que sinon, on est pris pour des fous ou des personnes prétentieuses, alors que c’est tout le contraire, on a conscience de nos tares. Mais, j’avais plein d’envies paradoxales au moment d’écrire ce disque et peut-être que ça transparaît. J’avais envie de retourner à la folk musique, et en même temps de m’essayer à la vraie chanson traditionnelle franchouillarde que j’admire.

Avec cette pochette, j’ai voulu communiqué sur les aspects négatifs de la musique. J’ai en tête tellement de pochettes actuelles de femmes qui posent, conquérantes, telles des reines ou des stars, mais la starification c’est un truc qui me débecte, j’ai du mal avec cette notion de conquérir le monde avec ce qu’on produit. De plus, je me sens féministe, mais je ne cherche pas à prendre le dessus par rapport aux hommes, ça ne m’intéresse pas, je cherche juste à être libérée de mes propres peurs, du regard de l’autre, qui peut être un homme ou une femme- il n’y a pas que le regard masculin qui est oppresseur- les oppressions ne sont certainement pas genrées.

Faire un disque c’est une affaire très sérieuse. Je l’ai produit, arrangé, j’y ai mis tout mon savoir-faire, j’ai mis des mois à le concevoir, et on ne peut pas le résumer à une affaire comique. Ce n’est pas parce qu’il y a plusieurs niveaux de compréhension que c’est de la potacherie, et on peut parler de saucisses pour parler d’autres choses. En fait, je me suis aperçu que j’avais fait ce disque pour expliquer comment j’avais fait un disque et combien c’est difficile d’être artiste aujourd’hui.

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Archives

Roland Topor, émission « le bon plaisir », France Culture, 1986

Michel Pastoureau, émission « Les animaux ont aussi leur histoire », France Culture, 2015

Juliette, émission « A voix nue », France Culture, 2018

Emission « Nuits magnétiques », France Culture, 1991

Extrait

"La grande bouffe", film de Marco Ferreri, 1973

Lecture

Paul Claudel, Connaissance de l’Est (Gallimard)

Références musicales

Maud Octallinn, La demande en mariage

Maud Octallinn, La souplesse

Maud Octallin, 16h40

Prise de son

Bernard Lagnel

Intervenants

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