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Melvil Poupaud dans "Conte d'été" d'Eric Rohmer (1996)

Melvil Poupaud :"J’aime cette faculté de rêver que le cinéma provoque"

1h
À retrouver dans l'émission

Nous recevons le comédien dans le cadre de la rétrospective « Mille Melvil, Poupaud en 24 films » que lui consacre le Forum des images jusqu’au 26 septembre 2019. L'occasion d'évoquer ses rencontres cinématographiques et intellectuelles, son questionnement sur l'identité et ses attentes d'acteur.

Melvil Poupaud dans "Conte d'été" d'Eric Rohmer (1996)
Melvil Poupaud dans "Conte d'été" d'Eric Rohmer (1996) Crédits : Les Films du Losange

Melvil Poupaud a le goût des aventures de cinéma, que ce soit en peintre jésuite dans la Chine impériale Le Portrait interdit de Charles de Meaux, en curé criminel et amant magnifique dans le superbe Fou d'amour de Philippe Ramos , ou encore photographe en quête d’expériences singulières dans Un homme perdu de Danielle Arbid. Le cinéma comme un terrain de jeu, une porte vers l’aventure, le voyage, et vers l’enfance. Ce programme du Forum des images révèle les mille facettes d’un acteur d’autant plus précieux qu’il a gardé intact ce plaisir du jeu.  

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Extraits de l'entretien

"La question de l’identité est au centre de mes préoccupations. J’en suis arrivé à penser que cela n’existait pas du tout, que c’était une construction abstraite et tant mieux, parce que cela coïncide avec mon métier. L’idée de savoir qui on est, qui on était et qui on devient, est devenue mon terrain de réflexion. Ma perception de l’identité se situe plus dans un mouvement continu, avec cette idée de l’identité liquide, qui ferait qu’on est juste une matière vivante en perpétuelle transformation, sans jamais un moment figé. Ça me soulage de me dire que je suis toujours en train de courir après quelque chose. "

"Fou d'amour" de Philippe Ramos
"Fou d'amour" de Philippe Ramos Crédits : Alfama Films

"Je reconnais d’assez loin les gens qui vont m’instruire, ou me transmettre quelque chose. Enfant j’ai eu beaucoup de chance avec les rencontres de Serge Daney ou de Raoul Ruiz, mais je continue aujourd’hui à rencontrer des gens -en général des intellectuels- parce qu’ils me fascinent et qu’ils me donnent l’impression de faire partie d’un monde merveilleux d’intelligence, de références et de culture : j’ai encore la chance que ces gens-là m’arrivent. J’ai l’intuition d’aller vers les gens ou les situations qui vont provoquer ce que je recherche. Les gens que j’ai rencontrés et vers lesquels je suis allé m’ont donné le goût de la vie à travers les idées. Le cinéma c’est une petite partie de la création et de la vie et c’est de moins en moins mon sujet. Le cinéma, c’est une façon de narrer, mais il y en a plein d’autres qui, aujourd’hui, m’intéressent beaucoup."

"En tant que comédien, ce n‘est pas moi qui pose les questions, je suis un élément du dispositif du metteur en scène. Après, je choisis des films qui posent des questions qui résonnent avec mes propres questionnements, et j’accompagne la recherche du metteur en scène le plus loin possible pour qu’il ait peut-être sa réponse à l’arrivée.  Mais, le cinéma est-il l’outil idéal pour répondre aux questions ?"

Melvil Poupaud

Archives

Serge Daney, émission « Ciné club », France Culture, 1998

Raoul Ruiz, extrait du DVD « Généalogie d’un crime », 1996

Arnaud Desplechin, émission « le bon plaisir », France Culture, 1998

Xavier Dolan, émission « Projection privée », France Culture, 2014

Denis Podalydès, émission « Les masterclasses », France Culture, 2018

Références musicales

Sonic Youth, Superstar

Scout Niblett, Gun

Prise de son

Eric Boisset

Vous pouvez écouter et/ou podacster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Bibliographie

Intervenants

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