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Mila Turajlic dans son documentaire "L' envers d'une histoire"

Mila Turajlic: "Dans les archives, on hérite d'un récit"

1h
À retrouver dans l'émission

Nous recevons la réalisatrice pour la sortie de son documentaire "L’envers d’une histoire" en salles depuis le 24 octobre.

Mila Turajlic dans son documentaire "L' envers d'une histoire"
Mila Turajlic dans son documentaire "L' envers d'une histoire" Crédits : @Survivance

Une porte condamnée dans un appartement de Belgrade révèle l’histoire d’une famille et d’un pays dans la tourmente. Tandis que la réalisatrice entame une conversation avec sa mère, le portrait intime cède la place à son parcours de révolutionnaire, à son combat contre les fantômes qui hantent la Serbie, dix ans après la révolution démocratique et la chute de Slobodan Milošević.

Pour moi le point de départ dans mon processus de travail c’était vraiment cet espace. Je me suis dit : de l’appartement je vais faire un personnage, comme ça il va devenir un microcosme de l’histoire du pays, puis il y avait l’idée de concentrer l’énergie donc de faire un huis-clos. D’emblée, je savais que je ne voulais pas quitter l’appartement, il fallait rester dans cet espace pour qu’il commence à nous raconter un pays.

Ma mère est un passeur d’histoires, de souvenirs et de témoignages ce qui la rend assez unique comme personnage. Elle a réussi à activer chez moi un imaginaire du passé qui n’est pas du tout mort.

On n’a pas raconté à la jeunesse ce qui s’est passé. Quand vous grandissez dans un pays qui est dans l’effacement de son passé, l’héritage qui vous manque c’est un récit, et si vous n’avez pas de récit, vous n’avez pas d’identité.

Vu la situation politique de mon pays la question était : qu’est-ce que je fais ? Et la réponse de ma mère a été : d’une part, je reste parce que c’est mes racines, ma maison et ma bataille, et d’autre part je m’engage, parce que rester et ne rien faire, c’est faire partie du problème.

Le travail que j’essaie de faire, c’est de déplacer l’image, d’une lecture trop manichéenne, trop réductrice, à une échelle où ça devient des souvenirs imprécis, sentis, débattus, et vraiment de donner une autre place aux images d’archives, en les situant à une échelle intime.

La mère de Mila Turajlic dans le documentaire "L'envers d'une histoire"
La mère de Mila Turajlic dans le documentaire "L'envers d'une histoire" Crédits : @Survivance

Archives

Ruth Zylberman, émission « Par les temps qui courent », France Culture, 2018

Harun Farocki, émission « Peinture fraîche », France Culture, 2009

Références musicales

Laurie Anderson, My right eye

Daniel Johnston, Try to love

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