LE DIRECT
Monica Sabolo

Monica Sabolo :"Ecrire, c'est entrer par une porte dans un autre monde"

58 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons la romancière à l'occasion de la parution de son roman « Eden » aux éditions Gallimard. il y est question de mystères et de zones d'ombre, de culpabilité et de non-dits, mais surtout des métamorphoses de l'adolescence.

Monica Sabolo
Monica Sabolo Crédits : Francesca Mantovani

Après Summer , Monica Sabolo revient avec un nouveau roman  Eden  qui fait partie de la sélection de la 7ème édition du Prix du Roman des Etudiants France Culture-Télérama ainsi que de celle de la rentrée littéraire 2019 France Culture -L’obs.

Dans une région reculée du monde, à la lisière d'une forêt menacée de destruction, grandit Nita, qui rêve d'ailleurs. Jusqu'au jour où elle croise Lucy, une jeune fille venue de la ville. Solitaire, aimantant malgré elle les garçons du lycée, celle-ci s'aventure dans les bois et y découvre des choses, des choses dangereuses...

Extraits de l'entretien

"Dans mon livre, je convoque les mythes et également l’imaginaire chrétien, l’imaginaire du conte. J’aime ces choses qui percutent une mémoire presque charnelle. Il me semble que l’on porte tout cela en nous : les légendes de la forêt, les injonctions bibliques sur la faute et la pénitence, et d’une certaine façon, je joue avec. "

"Je suis travaillée par le silence, par les choses qui ne sont pas dites et surtout, par les mots qui ne sont pas les bons. Quant à la rumeur, il s’agit en fait de tout ce que l’on projette sur l’autre, celui qui rencontre les mots qui ne sont pas justes. Dans mon livre, on est dans un monde où une menace plane, où toutes ces jeunes filles sont regardées avec des yeux qui projettent des choses sur elles. Il me semble que la faute est dans l’œil de celui qui regarde. "

"En créant cette forêt, j’ai pensé à l’idée de l’abri mais également de la menace, du lieu de l’ombre. J’ai aussi pensé au lieu de l’enchantement mais aussi de liberté et de possible perdition. La civilisation occidentale s'est construite contre la forêt. La forêt c’est la limite, la lisière qui permet d’entrer dans un monde où les perceptions de l’espace et du temps se déplient. J’ai la sensation qu’il me manquait une extraterritorialité, un lieu où l’on peut cacher ses peurs et ses fantasmes, un ailleurs foisonnant. Ce qui me plaisait dans cette forêt, c’est qu’elle soit d’une extrême vitalité, quelque chose de puissant et de sauvage qui se reconnecte directement à une sauvagerie intérieure et pour moi, mes jeunes filles ont une forêt à l’intérieur d’elles. "

"Dans mon écriture, j’ai la sensation d’utiliser énormément d’énergie pour habiller la violence de douceur et de poésie pour ne pas la jeter dans la figure du lecteur. Parfois par des mots plus doux, par des sensations, elle convoque quelque chose qui est à l’intérieur de nous d’une façon plus instinctive mais plus juste. La sensation, l’image ou la poésie permettent de transcrire la subtilité et l’ambivalence de la force qui nous traverse. "

Archives

Jean-Baptiste Vidalou, émission « LSD », France Culture, 201

Virginie Despentes, émission « l’heure bleue », France Inter, 2017

Claude Mettra, émission « Les chemins de la connaissance », France Culture, 1988

Références musicales

Carla Bley et Robert Wyatt, A long way

Jochen Tiberius Koch, Winter animal

Louis Sclavis, Les nuits

Robert Wyatt, Fragments

Prise de son

Adèle Caglar

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......