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"La moindre des choses" de Nicolas Philibert (1995)

Nicolas Philibert : "On ne sait jamais ce qu’on laisse à ceux qu’on a filmés"

59 min
À retrouver dans l'émission

Pour la sortie du coffret de 12 DVD aux éditions "Blaq out", le cinéaste nous parle de films qui nous apprennent à regarder dans un monde saturé d'images, de fragilité, de liberté, et d'un cinéma de la rencontre.

"La moindre des choses" de Nicolas Philibert (1995)
"La moindre des choses" de Nicolas Philibert (1995) Crédits : @Nicolas Philibert

Film après film, le cinéaste construit une oeuvre à l’écart des sentiers battus, qui allie confrontation au réel, poésie, humour et engagement. En suivant les pistes proposées par le hasard, Nicolas Philibert se laisse guider par la chance et fait la part belle à l’imaginaire et aux rencontres. Plus on entre dans ses films, et plus apparaît ce qui l’unit à ses protagonistes, quelque chose comme la recherche d’une humanité commune, au-delà des différences profondes qui les séparent.  

"De chaque instant", film de Nicolas Philibert (2018)
"De chaque instant", film de Nicolas Philibert (2018) Crédits : @Nicolas Philibert/ Les films du Losange

Ce n’est pas rien de tourner dans un endroit comme la clinique de La Borde, il faut prendre mille précautions, je marchais un peu sur des œufs, c’est une expérience qui m’a énormément apporté, enrichi, qui m’a donné beaucoup à réfléchir sur mon travail, sur moi-même, sur ce que je fous là. Faire un film, pour moi, ça ne va pas de soi, ce n’est pas automatique. Je fais mes films avec des questions, auxquelles les films n’apportent pas toujours de réponses. Parfois, les questions restent entières une fois le film fini.

La caméra me permet de m’approcher, j’ai l’impression qu’elle va me protéger, créer une petite carapace, me permettre de dominer la peur que j’ai.

J’ai commencé à filmer parce que j’avais besoin d’être celui qui pose le cadre, qui pose des limites, qui est attentif à ne pas déborder. En général, je filme sans fioritures, plus j’avance, plus j’essaie d’être simple, au plus près des gens. Je ne fais pas un mouvement de caméra si ce n’est pas nécessaire.

Le plaisir de filmer vient des difficultés et des embûches qu’il faut surmonter , et j’ai choisi de faire des films en les inventant au tournage, sans trop en savoir à l’avance. Je ne suis pas du genre à faire le film de plus, ce qui compte pour moi, c’est de faire un film quand c’est une forme de nécessité, quand il y a quelque chose qui s’impose. Je ne cours pas après les sujets, le sujet est presque un prétexte, en tout cas une porte d’entrée. Pour moi, il s’agit de poser des questions et de faire un film à partir de ça. Il y a là un mélange de liberté, de fragilité et de difficultés.

"nenette", film de Nicolas Philibert, 2010
"nenette", film de Nicolas Philibert, 2010 Crédits : @Nicolas Philibert

Extraits

"La moindre des choses", film  de Nicolas Philibert (1995)

"Nénette", film de Nicolas Philibert, 2010

Archives

Johann Van Der Keuken, émission « Hors champs » France Culture, 2010

Alain Cavalier, émission « Par les temps qui courent », France Culture, 2017

Claire Simon, émission « Projection privée », France Culture, 2016

Références musicales

Dont think twice, BOF «  De chaque instant »

Csaba Palotaï , Say Hello 

Prise de son

Florent Bujon

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Intervenants

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