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Lee et Alon,  dans "Signer", de Nurith Aviv

Nurith Aviv : "Avec la langue des signes, j'ai appris à écouter autrement"

59 min
À retrouver dans l'émission

La cinéaste réalise « Signer », sortie 7 mars, s’aventurant dans un champ peu connu, celui des langues des signes ; elle y fait se croiser trois générations de protagonistes, sourds et entendants, mais aussi les chercheuses du Laboratoire de Recherche de Langues des Signes de l’Université de Haïfa.

Lee et Alon,  dans "Signer", de Nurith Aviv
Lee et Alon, dans "Signer", de Nurith Aviv Crédits : Nurith Aviv

1. La Convention, considérant l'incontestable supériorité de l'articulation sur les signes pour rendre le sourd-muet à la société et lui donner une connaissance plus complète de la langue, déclare que la méthode orale doit être préférée à celle des signes dans l'éducation et l'instruction des sourds-muets. Adoptée 160 à 4.  2. La Convention, considérant que l'usage simultané de l'articulation et des signes a l'inconvénient de nuire à l'articulation, à la lecture labiale et à la précision des idées, déclare que la méthode purement orale doit être préférée. Adoptée 150 à 16.  3. Considérant qu'un grand nombre de sourds et muets ne reçoivent pas les bénéfices de l'instruction, et que cette situation est due à l'impuissance des familles et des institutions, elle recommande que les gouvernements prennent les mesures nécessaires pour que tous les sourds et les muets soient éduqués. Adoptée à l'unanimité. Ce congrès de 1880, de Milan donne le ton de la manière dont les enfants et les adultes sourds-muets ont longtemps été considérés. Les choses ont bougé certes, les langues des signes sont peu à peu reconnues, mais comme le rappelle le film de Nurith Aviv, pas partout, et par par tous. SIGNER sort en salles mercredi prochain.    

Je cherche toujours la même chose, c'est variations sur le sujet ; les langues, la filiation, la transmission, la perte... 

C'est formidable d'apprendre que chaque langue des signes est une langue à part entière, qu'on peut traduire d'une langue des signes à une autre, ça élargit toutes nos conceptions, nos perceptions du langage humain. 

On dit toujours que les sourds-muets sont très expressifs, mais c'est que toutes leurs expressions sont codées. Auparavant, ils devaient habiter ensemble, être physiquement très proches pour communiquer ; ils ont maintenant des téléphones.

Pourquoi avoir choisi Israël comme lieu? En Israël, il y a des langues nouvelles, et puis il y a un laboratoire de Recherche de langues des signes, à l'Université de Haïfa, avec deux chercheuses qui travaillaient sur trois langues des signes ; une langue des signes israélienne et deux langues émergentes. 

J'ai trouvé extraordinaire de filmer ce silence avec ces "petits bruits". Avant de faire des films, j'ai été chef opérateur, j'ai beaucoup voyagé dans des pays où je ne comprenais pas la langue. J'ai appris à écouter autrement : quelque chose passe autrement. Je me suis enrichie d'un monde entier qui s'ouvrait.

Programmation musicale :

  • Paolo Conte, Via con me
  • Laura Perrudin, The sick rose
  • Générique de fin, Nick Drake, Winter is gone
"Signer", de Nurith Aviv
"Signer", de Nurith Aviv Crédits : Nurith Aviv

Site de Nurith Aviv

Bibliographie

"Signer"

SignerNurith AvivLes Films d'Ici, 2018

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