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Olivier Dubois

Olivier Dubois : "Je n'ai à l'intérieur que des vestiges d'oeuvres"

59 min
À retrouver dans l'émission

Pour son spectacle participatif « Pour sortir au jour » dans le cadre du festival « Les Singuliers » au 104 jusqu’au 26 janvier, et en tournée en France et à l’étranger, le danseur aborde les questions de la dévoration, de la métamorphose et de la soumission de l'artiste face à l'oeuvre.

Olivier Dubois
Olivier Dubois Crédits : @Frédéric Lovino

Douze ans après avoir signé sa première chorégraphie, Le danseur rend visite à quelques-uns des soixante spectacles auxquels il a pris part depuis le début de sa carrière. 

J’aime l’idée des vestiges qui sont comme un tableau qui pourrait nous raconter le reste. Je danse selon les enveloppes qui ont été choisies c’est le hasard qui décide, je vais danser un instant d’une des pièces portée par l’un des interprètes, et c’est comme si en regardant un détail d’un tableau, ce détail pouvait nous parler du tableau dans son intégralité. 

La métamorphose immédiate est le propre de l’artiste performeur. On a ces enveloppes modulables, mais qui ne sont pas que des enveloppes, c’est comme si les centres se déplaçaient, les points de force bougeaient. 

Ce que je défends, c’est la soumission de l’interprète et de l’auteur face à l’œuvre, je suis soumis à l’œuvre, moi je ne suis rien. Ce qui se met en branle à l’intérieur, c’est cette conscience, ce respect et cette notion de service. 

A chaque mue déposée, on retrouve cette terrible vulnérabilité, la peau est redevenue molle et pourtant, elle s’est épaissie encore un peu. Plus je dépose toutes ces mues, plus je suis vulnérable. 

Dans mon travail, je me suis bagarré pour pouvoir réunir un maximum d’interprètes sur un plateau, parce que c’est là que mon écriture prend toute sa force et, pour des raisons financières, cela impliquait que je ne pouvais pas avoir de décor. Mais finalement, se débarrasser du décor permet d’aller au plus juste.

Moi ce que je veux produire c’est une dévoration. Au bout du compte, ce qui est proposé est une sorte d’offrande : dévorez-moi, parce que c’est peut-être un des endroits les plus aboutis de la transmission de la mémoire. Survivre, c’est être dévoré par l’autre.

Archives

Volmir Cordeiro, émission « Par les temps qui courent », France Culture, 2018

Angelin Preljocaj, émission "Le Rythme et la raison", France Culture, 1988

Maguy Marin, émission « A voix nue », France Culture, 2017

Références musicales

Klaus Nomi, The cold song d'Henri Purcell

Bronski Beat, Punishment for love

Informations complémentaires

Dates de la tournée du spectacle "Pour sortir au jour

POUR SORTIR AU JOUR 22, 23, 24, 25 et 26 janvier : Le Centquatre / Paris 

8 février : La Scala / Paris 

21 mars : Théâtre de Bruges 

13 avril : Festival Artdanthé / Vanves 

30 juin : Asti / Italie 

16 juillet : Bolzano / Italie 

4 octobre : Théâtre Paul Eluard – Bezons 

11 octobre : L’Arsenal – Val de Reuil  

Intervenants

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