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Baigneuses au bord de l'Ahuriri river, 2016

Olivier Masmonteil : " L'art n'est pas contemporain, il est intemporel"

58 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la parution de sa première monographie aux éditions du cercle d'art et de ses trois expositions, le peintre évoque son rapport à la pêche et à la peinture, sa fascination pour le paysage, ses échanges fructueux avec ses assistants et l'ambition du chef d'oeuvre qui l'anime.

Baigneuses au bord de l'Ahuriri river, 2016
Baigneuses au bord de l'Ahuriri river, 2016 Crédits : @Olivier Masmonteil

Le peintre possède une manière unique d’interpréter le style français dont il revisite les genres picturaux, du portrait au paysage, des natures mortes aux vanités, en se réappropriant à sa manière l’histoire de l’art. 

Son travail est présenté à Paris du 11 janvier au 28 février 2019 à la Galerie Thomas Bernard - Cortex Athletico et du 16 janvier au 23 février 2019 à la Galerie Scène Ouverte. Enfin, la Chapelle des Cordeliers à Toulouse lui consacre une exposition aux côtés de Marc Desgrandchamps du 7 février au 7 avril 2019.

"Amour et psyché", huile sur toile, 2018
"Amour et psyché", huile sur toile, 2018 Crédits : @Olivier Masmonteil

J’ai beaucoup fait de correspondances entre la pêche à la mouche, que je pratique depuis que je suis tout petit, et la peinture. Ces deux pratiques se nourrissent et me définissent assez bien. Pour moi, le pêcheur et le peintre sont deux individus qui sont amoureux des surfaces ambigües.

J’appartiens à une génération à qui on a dit que la peinture était un outil qui appartient au passé, et comme beaucoup d’artistes de ma génération, plutôt que de me décourager, ça m’a encouragé  à peindre et en même temps à me plonger dans l’histoire de l’art. 

Le paysage est un support très important. Il y a dans le paysage une notion d’infini, d’intemporalité, et nous les peintres, on a une fascination pour des choses qu’on va tenter de s’approprier pour essayer d’être des maîtres de l’illusion : celle de la profondeur de champ, de la lumière, de la transparence. Quand on sait qu’on est capable de créer ces illusions dans un tableau en deux dimensions, c’est une sorte de victoire.

Le ciel c’est ce qu’il y a de plus grand à appréhender en tant qu’être humain, et le fait de le rendre sur un tableau, et même un petit tableau, c’est le fantasme du peintre de mettre l’infiniment grand dans une surface délimitée.

Je ne sais pas ce que c’est qu’une œuvre d’art, mais je suis animé par l’ambition du chef d’œuvre. Le XXe siècle a vu un peu la remise en question du chef d’œuvre, et ce qui caractérise ma génération c’est que par le métier, le côté artisan, par le retour à l’histoire de l’art, elle essaie de renouer avec cette ambition du chef d’œuvre. L’ambition du chef d’œuvre c’est quelque chose qui est liée au temps, le fantasme de tout homme c’est l’immortalité et le peintre qui a peint un chef d’œuvre a touché à une forme d’intemporalité. 

Dans ce jeu de miroir qu’on a dans l’atelier, il y a des moments particulièrement grisants où on a l’impression, tout d’un coup, qu’on a fait quelque chose de pas mal : c’est ce que cherche tout artiste, ce moment où on se surprend soi-même à être son propre spectateur admiratif. 

Lecture

« Testament d’un pêcheur à la mouche » de John D.Voelker, lecture de Pierre La Place

Archives

Paul Rebeyrolle, émission « A voix nue, France Culture, 1991

Santiago  Isidro-Pin , émission « Sur les docks », France Culture, 2007

Pierre Rosenberg, émission « Le bon plaisir », France Culture, 1994

Gérard Garouste, émission « Figures libres », RFI, 2003

Références musicales

Chassol, Birds, part I

Claire Diterzi, L’Odalisque

Pavane, Pelléas

Bibliographie

Intervenants
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