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Zao Wou-ki, membre de l'Académie des Beaux-Arts, nov.2003

Richard Texier : " Zao et moi, on disait avec des mots ce qu'on ne pouvait pas dire autrement."

59 min
À retrouver dans l'émission

Le peintre et sculpteur publie : « Zao » (éd. Gallimard), texte hommage au peintre Zao Wou-Ki, dévoilant une amitié de vingt ans, depuis leur rencontre au Maroc au début des années quatre-vingt-dix, jusqu’à la mort du peintre chinois en 2013, et "Manifeste de l'élastogenèse' (éd. Fata Morgana).

Zao Wou-ki, membre de l'Académie des Beaux-Arts, nov.2003
Zao Wou-ki, membre de l'Académie des Beaux-Arts, nov.2003 Crédits : François Guillot - AFP

Parce qu’un jour, au Maroc où ils étaient tous deux invités en tant qu’artistes dans un cadre diplomatique, partant déjeuner, le peintre Zao Wou-Ki, fait arrêter le convoi de voitures pour s’assurer que le gardien de leur villa avait bien quelque chose, lui aussi, à manger, il devient un ami précieux. Un frère de création. Parce qu’il lui signale - dans ce simple souci - que nul être n’est pour lui une ombre invisible dans le paysage, ils entament une nage commune, dans les eaux que, chacun, à sa façon, convoque dans l’art. Richard Texier raconte par petites touches, ce lien d'amitié de plus de vingt ans, dont on imagine qu’il perdure, après la mort de Zao, en 2013.  Zao est publié aux éditions Gallimard. Parallèlement à ce récit, l'auteur fait paraître Manifeste de l’élastogenèse, aux éditions Fata Morgana.

Tout ce que Zao faisait m'enchantait. On s'est revus, après le Maroc, puis on a développé une amitié de peintres.

On riait beaucoup ensemble. Curieusement, un peintre se méfie du langage. Par définition, sa peinture est au-delà du langage, et le rire fait prendre de la hauteur, c'est très important. 

Wou-Ki disait des choses simples. On parlait des couleurs par exemple, avec lui, tout était comme clarifié. Le lieu où on engageait la conversation était élevé. Il présupposait que je comprenais ce qu'il ne disait pas.

Un vrai ami, on peut s'asseoir à côté de lui, regarder avec lui des paysages, des œuvres, et ne rien dire pendant deux heures.

Le point d'origine pour lui, c'était la Chine, il avait hybridé, et j'ai fait le chemin inverse.

Richard Texier, dans son atelier parisien
Richard Texier, dans son atelier parisien Crédits : DR

Programmation musicale :

Scelsi, Pièce pour orchestre sur une seule note

Générique de fin, Agnès Obel, Stone

Lien Musée d'Art Moderne, exposition Zao Wou-ki, L'espace est silence

Bibliographie

Zao

ZaoRichard TexierGallimard, 2018

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