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Marie Desplechin et Thierry Thieû Niang répètent la création "Au Bois dormant" le 10 décembre 2008 au conservatoire de danse de Martigues

Thierry Thieû Niang, avec Marie Desplechin : "La parole n'était pas le langage de ces enfants, j'utilisais le leur"

1h
À retrouver dans l'émission

L'écrivain et le danseur chorégraphe signent un double récit " Au bois dormant" (éditions des Busclats), autour de jeunes autistes avec lesquels le chorégraphe a travaillé et qu'il faisait danser. Ils rendent compte de cette expérience partagée, revisitant aussi leur propre vie et leurs fantômes.

Marie Desplechin et Thierry Thieû Niang répètent la création "Au Bois dormant" le 10 décembre 2008 au conservatoire de danse de Martigues
Marie Desplechin et Thierry Thieû Niang répètent la création "Au Bois dormant" le 10 décembre 2008 au conservatoire de danse de Martigues Crédits : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Un jour puis, un autre, puis, un autre, encore un autre... Voila, pour le temps. Une salle de répétition à l'hôpital psychiatrique de Maison Blanche, à Paris. Voilà, pour l'espace. Ensuite, cela sera plus difficile à dire ou alors, de façon factuelle : un chorégraphe et un écrivain viennent passer du temps dans un lieu, et danser avec Célia, Mathieu, Victor, Arnaud, des enfants que l'on dit autistes. Pour Thierry Thieû Niang et Marie Desplechin, ces scènes d'atelier déplacent des souvenirs, des murs, des amours, des manques, des voyages... Dans ce texte à deux  voix, Au bois dormant, qu'ils font paraître aux éditions des Busclats, ils écrivent, dans une même danse et en plusieurs mouvements, davantage attentifs aux instants qu'au flux du temps, car les premiers sont peut-être plus partageables... 

[Thierry Thieû Niang] Je prenais du temps avec eux, mais je n'ai jamais travaillé avec les quatre enfants en même temps. C'était la première fois que j'étais plongé ainsi, avec des corps comme on dit "empêchés".

[Marie Desplechin] Les adolescents se succédaient, on était en studio, à Aix-en Provence. On était assis par terre, contre le mur pour ne pas les gêner. Avec ce sentiment de privilège et, en même temps, le désir de ne pas être intrus ni en situation de voyeur, car c'était très intime, de l'ordre de la confiance, de l'abandon.

[Thierry Thieû Niang] J'ai souhaité qu'on ne soit pas du côté de la thérapie, mais artistique. Je me suis permis des choses, parce qu'il y avait Marie, sa présence, son lien à la jeunesse, au conte. Je savais qu'elle m'accompagnerait, comme une fée.

Je voyais souvent les soignants stopper le mouvement répétitif de l'enfant, parce qu'il était violent ou trop prégnant. Je le regardais, je faisais comme lui, ça le calmait. La parole n'était pas leur langage. Je partais de leurs gestes, de leurs pas, je ne les amenais pas à mon langage, j'utilisais le leur.

Programmation musicale :

  • Générique de fin, Ma pauvre Lucette, Elle disait

Site des Editions des Busclats

Editions des Busclats, actualité liée  à l'ouvrage

Bibliographie

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